Publié le 19 octobre 2025 à 04h23. L’administration Trump envisage sérieusement la livraison de missiles Tomahawk à l’Ukraine, une perspective qui suscite l’inquiétude de Moscou et pourrait marquer une escalade significative dans le conflit.
- Donald Trump étudie la possibilité de fournir à l’Ukraine des missiles de croisière Tomahawk, capables d’atteindre des cibles à plus de 1 600 kilomètres (1 000 miles).
- Cette décision intervient après une intensification des frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes, notamment grâce à l’utilisation de drones.
- Les États-Unis disposent d’un important stock de Tomahawk et pourraient rapidement déployer ces missiles en Ukraine.
La possibilité de voir l’Ukraine équipée de missiles Tomahawk, initialement conçus pendant la Guerre froide pour frapper l’Union soviétique, est au cœur des discussions entre le président Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon des sources proches de l’administration américaine, le président Zelensky a même proposé un échange : des drones ukrainiens en contrepartie de ces missiles de haute précision.
Le Tomahawk, un missile de croisière d’une vingtaine de mètres de long pour seulement 64 centimètres de large, est doté d’un turbo-réacteur et d’un système de guidage sophistiqué. Les modèles les plus récents, les Tomahawk Block IV, peuvent être reprogrammés en vol et effectuer des reconnaissances avant de frapper leur cible. Ils peuvent transporter des ogives explosives conventionnelles ou des munitions à fragmentation, adaptées à différents types de cibles.
Selon des experts, l’arrivée des Tomahawk en Ukraine poserait un défi majeur à la défense aérienne russe. La Russie aurait du mal à protéger l’ensemble de son territoire contre ces missiles qui volent à basse altitude, à une vitesse de 800 kilomètres par heure (500 miles par heure), et peuvent suivre le relief pour éviter les radars. Les infrastructures énergétiques russes, déjà la cible de frappes de drones, pourraient être particulièrement vulnérables.
L’Ukraine a intensifié ses attaques contre les infrastructures énergétiques russes depuis le mois d’août, utilisant des drones Liutyi d’une portée d’environ 965 kilomètres (600 miles) et transportant des ogives d’environ 23 kilogrammes (50 livres). Selon une étude de Reuters, ces drones ont déjà touché 18 stations de pompage et 32 raffineries.
L’administration Trump semble utiliser la perspective de la livraison de Tomahawk comme un moyen de pression sur la Russie. Lors d’un déjeuner avec Zelensky à la Maison Blanche, Trump a déclaré : « J’espère qu’ils n’en auront pas besoin », tout en qualifiant ces missiles de « très dangereux » et d’« incroyables ».
Les États-Unis disposent d’environ 4 000 Tomahawk en stock et pourraient rapidement les déployer en Ukraine grâce à un système de lancement mobile transportable par avion cargo C-17. L’armée américaine a récemment déployé un tel système aux Philippines en moins de 15 heures pour un exercice militaire. Plus d’informations sur ce déploiement sont disponibles ici.
Le Tomahawk a déjà été utilisé dans de nombreux conflits, notamment lors de l’opération Tempête du désert en 1991, de l’opération Iraqi Freedom en 2003, ainsi que contre des cibles en Libye, en Syrie et au Yémen. Un historique complet de l’utilisation du Tomahawk est disponible ici. Le 22 juin dernier, des Tomahawk ont frappé des « cibles d’infrastructures de surface clés » dans le complexe nucléaire iranien d’Isfahan, selon le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine.
Malgré les protestations de Moscou, l’administration Trump semble déterminée à poursuivre sa stratégie de pression sur la Russie. Comme l’a déclaré Trump vendredi : « Oui, c’est une escalade. Mais nous allons en parler quand même. »
