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Trump envisage une attaque contre l’Iran

Mis à jour le 11 janvier 2024 à 08h30. Des manifestations de grande ampleur secouent l'Iran, confrontant le régime à une contestation populaire croissante et suscitant des inquiétudes internationales quant à une possible escalade de la violence et…

Trump envisage une attaque contre l’Iran

Mis à jour le 11 janvier 2024 à 08h30. Des manifestations de grande ampleur secouent l’Iran, confrontant le régime à une contestation populaire croissante et suscitant des inquiétudes internationales quant à une possible escalade de la violence et à une intervention extérieure.

  • Des médecins iraniens, malgré la coupure d’internet, ont fait état de centaines de morts et de milliers d’arrestations suite aux manifestations.
  • L’administration américaine, sous Donald Trump, envisage des représailles potentielles contre l’Iran, tandis que le régime iranien menace de riposter en cas d’attaque.
  • Le prince Reza Pahlavi, en exil, se présente comme un leader du mouvement de protestation, signalant des désertions au sein des forces armées.

La répression des manifestations en Iran s’intensifie, selon des témoignages de médecins et des organisations de défense des droits humains. Malgré le blocus internet imposé par les autorités, des informations parviennent de l’intérieur du pays, révélant une situation de plus en plus préoccupante. Des témoins rapportent l’utilisation de balles réelles, de gaz lacrymogènes et d’armes incapacitantes par les forces de sécurité pour disperser les manifestants.

L’organisation HRANA, basée aux États-Unis, a confirmé le décès d’au moins 78 personnes parmi les manifestants, tandis que plus de 2 600 personnes auraient été arrêtées. Des médecins de six hôpitaux de Téhéran ont annoncé avoir enregistré 217 décès dès samedi. Il est toutefois difficile d’obtenir un bilan précis et fiable en raison des restrictions d’accès à l’information.

La situation a également attiré l’attention des États-Unis. Donald Trump a plusieurs fois averti le régime iranien, déclarant que toute attaque se verrait répondre par une riposte américaine. Dans la nuit de dimanche, des informations ont fait état de préparatifs pour une éventuelle action militaire. Le sénateur républicain Lindsey Graham a publié un message sur X (anciennement Twitter) évoquant la fin imminente du « long cauchemar » pour l’Iran et l’arrivée d’une « aide », message relayé par Trump lui-même.

Selon le New York Times, l’administration Trump examine des propositions de cibles potentielles en Iran, y compris des infrastructures non militaires, et envisage sérieusement de donner l’ordre d’une attaque. Une cyberattaque visant à rétablir l’accès à internet serait également à l’étude, selon le Washington Post.

Israël se trouve en état d’alerte élevé suite à une conversation entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, au cours de laquelle ils auraient discuté d’une éventuelle action américaine. Les détails de cette conversation n’ont pas été divulgués, et Israël n’a pas officiellement indiqué qu’il envisageait une intervention contre l’Iran.

En réponse, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibafi, a averti que toute attaque contre l’Iran entraînerait une riposte contre Israël et les bases militaires américaines dans la région, considérées comme des « cibles légitimes ».

Une source de renseignement américaine de haut rang a décrit la situation comme un « jeu d’endurance », où l’opposition iranienne tente de maintenir la pression jusqu’à ce que les dirigeants du régime soient contraints de fuir ou de changer de camp, tandis que les autorités cherchent à intimider les manifestants pour les dissuader de descendre dans les rues, sans pour autant fournir aux États-Unis un prétexte à l’intervention.

Le prince Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, déchu lors de la révolution islamique de 1979, s’affirme de plus en plus comme un leader du soulèvement. Dans une nouvelle vidéo diffusée sur X, il appelle les Iraniens à poursuivre les protestations, affirmant que le régime ne dispose pas de suffisamment de forces pour les réprimer et qu’il a reçu des informations crédibles concernant des désertions au sein de l’armée, qui serait « en train de s’effondrer ».

Le groupe de réflexion ISW, spécialisé dans l’analyse des conflits au Moyen-Orient, a confirmé des manifestations dans une soixantaine de villes à travers l’Iran, mais estime que le nombre réel est probablement plus élevé en raison des restrictions d’accès à l’information. L’internet est coupé dans le pays depuis plus de 48 heures.

Selon ISW, le régime iranien semble prêt à intensifier la violence contre les manifestants, les qualifiant de « terroristes » et les comparant à des organisations extrémistes telles que l’EI et Al-Qaïda. Ce discours vise à justifier le déploiement de l’armée et du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) pour réprimer les manifestations et à motiver les forces armées à agir contre le soulèvement. Cependant, le régime semble également préoccupé par les risques de désertions, en particulier au sein de l’armée régulière, moins dogmatique que le CGRI.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.