L’administration américaine a considérablement élargi ses restrictions de voyage, ajoutant 20 nouveaux pays à une liste déjà longue, incluant également l’Autorité palestinienne. Cette décision porte à 39 le nombre total de nations dont les citoyens sont soumis à des interdictions ou des limitations d’entrée sur le territoire américain.
Annoncée ce mardi, l’extension de ces mesures inclut une interdiction totale pour les ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Soudan du Sud et de la Syrie. Quinze autres pays – l’Angola, Antigua-et-Barbuda, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Dominique, le Gabon, la Gambie, le Malawi, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Tanzanie, les Tonga, la Zambie et le Zimbabwe – se verront imposer des restrictions partielles.
Ces nouvelles limitations affectent aussi bien les voyageurs se rendant aux États-Unis pour des visites que ceux qui souhaitent y immigrer. Les personnes détenant déjà un visa valide, les résidents permanents légaux, certains titulaires de visas spécifiques (diplomates, athlètes) et ceux dont l’entrée est jugée conforme aux intérêts nationaux américains sont exemptés de ces restrictions. L’entrée en vigueur de ces mesures est prévue pour le 1er janvier prochain.
L’administration Trump avait déjà annoncé en juin des interdictions d’entrée pour les citoyens de 12 pays (Afghanistan, Myanmar, Tchad, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen) et des restrictions supplémentaires pour sept autres (Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela).
La décision concernant les Palestiniens intervient après que l’administration américaine a rendu extrêmement difficile l’obtention de visas pour les détenteurs de passeports de l’Autorité palestinienne, que ce soit pour des affaires, le travail, le tourisme ou les études. L’annonce de mardi va plus loin en interdisant directement l’immigration de ces personnes.
Selon la Maison Blanche, ces mesures sont justifiées par des problèmes de « corruption généralisée, de documents civils frauduleux ou peu fiables et de casier judiciaire incomplet » dans les pays concernés, rendant difficile la vérification des demandeurs de visa. Washington évoque également des taux élevés de séjour irrégulier, le refus de certains pays de rapatrier leurs citoyens expulsés des États-Unis, ainsi qu’un « manque général de stabilité et de contrôle gouvernemental », en plus de préoccupations liées à la sécurité nationale et à l’application des lois sur l’immigration.
Cette extension de l’interdiction a suscité de vives critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme et des associations de défense des immigrés. « Cette extension de l’interdiction n’a rien à voir avec la sécurité nationale, mais constitue une nouvelle tentative honteuse de diaboliser les gens en raison de leur origine », a déclaré Laurie Ball Cooper, vice-présidente des programmes juridiques aux États-Unis au sein de l’International Refugee Assistance Project.
Les défenseurs des Afghans ayant collaboré avec les forces américaines pendant la guerre en Afghanistan ont également exprimé leur inquiétude, soulignant que la nouvelle proclamation supprime l’exception prévue pour ceux qui remplissent les conditions d’un visa spécial d’immigration.
Plusieurs pays nouvellement concernés par ces restrictions ont réagi à l’annonce. Le gouvernement de la Dominique a indiqué qu’il examinerait la question « avec le plus grand sérieux et de toute urgence » et qu’il avait déjà pris contact avec les autorités américaines pour obtenir des éclaircissements. L’ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda aux États-Unis, Ronald Saunders, a qualifié la situation de « très grave » et a annoncé qu’il demanderait des informations supplémentaires à Washington.
L’administration Trump a également réévalué les restrictions en place pour certains pays précédemment inclus dans la liste. Les mesures à l’encontre du Laos et de la Sierra Leone ont été renforcées, tandis que le Turkménistan a bénéficié d’une certaine flexibilité en raison de progrès jugés suffisants. Les restrictions initialement annoncées en juin restent par ailleurs en vigueur.
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