Home MondeTrump gèle les demandes d’immigration de 19 pays : trois sont d’Amérique latine

Trump gèle les demandes d’immigration de 19 pays : trois sont d’Amérique latine

by Clara Dubois

Publié le 3 décembre 2025 à 14h29. Washington a suspendu le traitement des demandes d’immigration pour les ressortissants de 19 pays, dont Cuba, Haïti et le Venezuela, une décision justifiée par des préoccupations de sécurité nationale après une attaque meurtrière près de la Maison Blanche et qui s’inscrit dans la continuité d’une politique migratoire de plus en plus restrictive.

  • Les États-Unis ont mis en pause l’examen des demandes de résidence permanente (carte verte) et de naturalisation pour les citoyens de 19 pays.
  • Cette mesure, annoncée par les Services de citoyenneté et d’immigration (USCIS), fait suite à l’attaque ayant coûté la vie à un membre de la Garde nationale.
  • L’administration américaine justifie cette suspension par des failles dans les procédures de vérification des antécédents et des « risques pour la sécurité nationale ».

La décision, qui affecte des personnes déjà présentes sur le territoire américain ainsi que les nouveaux arrivants, intervient dans un contexte de durcissement général de la politique migratoire américaine. Elle s’appuie sur une ordonnance obligeant à un « examen approfondi » et à d’éventuels entretiens supplémentaires pour tous les migrants originaires des pays considérés comme « à haut risque » et ayant pénétré aux États-Unis depuis janvier 2021, sous la présidence de Joe Biden.

Outre Cuba, Haïti et le Venezuela, la liste des pays concernés comprend l’Afghanistan, la Birmanie, le Burundi, le Tchad, l’Érythrée, la Guinée équatoriale, l’Iran, le Laos, la Libye, la République du Congo, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Togo, le Turkménistan et le Yémen. L’USCIS a suspendu toutes les décisions d’asile et le Département d’État a interrompu la délivrance de visas aux Afghans ayant collaboré avec les États-Unis pendant la guerre.

L’attaque qui a déclenché cette nouvelle vague de restrictions s’est produite la semaine dernière, lorsqu’un citoyen afghan a ouvert le feu sur deux membres de la Garde nationale près de la Maison Blanche. Un des soldats est décédé et le suspect, entré aux États-Unis en 2021 lors des évacuations consécutives au retrait américain d’Afghanistan, a plaidé non coupable de meurtre. La Maison Blanche estime que cet incident révèle des lacunes dans les systèmes d’évaluation de l’immigration mis en place sous l’administration Biden.

Donald Trump a saisi cette occasion pour promettre une offensive encore plus large contre l’immigration, déclarant qu’il souhaitait « suspendre définitivement la migration en provenance de tous les pays du tiers monde pour permettre au système américain de se rétablir complètement ». Sa potentielle future secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a même appelé à « une interdiction totale de voyager » vers davantage de pays, accusant ces nations d’« inonder » les États-Unis de « meurtriers, de sangsues et de toxicomanes ».

Parallèlement, des médias américains ont révélé que les autorités fédérales préparaient une vaste opération de contrôle de l’immigration dans le Minnesota, ciblant en particulier les communautés somaliennes. Cette initiative a déjà suscité des tensions avec les autorités locales, la police de l’État ayant annoncé qu’elle ne coopérerait pas avec des opérations qu’elle juge discriminatoires.

La nouvelle directive de l’USCIS va au-delà d’une simple pause dans les procédures. L’agence prévoit également de réexaminer toutes les demandes de résidence permanente de citoyens originaires des pays « préoccupants » et d’analyser les dossiers approuvés sous l’administration Biden. Dans les 90 jours, une liste prioritaire de migrants sera établie pour une réévaluation et une éventuelle transmission aux autorités de l’immigration ou aux agences de sécurité.

Des organisations de défense des droits de l’homme et des experts en immigration ont vivement critiqué cette mesure, la qualifiant de « punition collective » et dénonçant une politisation excessive des processus administratifs. Pour les migrants des 19 pays concernés – dont beaucoup sont confrontés à des régimes autoritaires ou à des situations de guerre et de crise humanitaire – cette décision signifie l’arrêt brutal de toute possibilité de régulariser leur situation et une aggravation de l’incertitude.

Agences AP et AFP

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