Home MondeTrump menace de bloquer ExxonMobil du Venezuela après que le PDG ait qualifié le pays de « impossible à investir » | Administration Trump

Trump menace de bloquer ExxonMobil du Venezuela après que le PDG ait qualifié le pays de « impossible à investir » | Administration Trump

by Clara Dubois

Publié le 12 janvier 2026 à 19h45. Donald Trump a menacé de bloquer les investissements d’ExxonMobil au Venezuela après les réserves exprimées par le PDG de la compagnie pétrolière quant à la possibilité d’y faire des affaires, illustrant les tensions croissantes entre l’administration américaine et les géants du secteur énergétique sur la stratégie à adopter envers Caracas.

  • Donald Trump envisage de restreindre l’accès au marché vénézuélien à ExxonMobil suite aux critiques de son PDG.
  • Les dirigeants d’ExxonMobil, ConocoPhillips et Chevron ont souligné les obstacles importants à l’investissement au Venezuela, notamment les expropriations passées et l’instabilité juridique.
  • L’administration Trump insiste pour que les entreprises pétrolières traitent directement avec les États-Unis et non avec le gouvernement vénézuélien.

La volonté affichée par l’administration Trump de relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne se heurte à un scepticisme marqué de la part des acteurs majeurs du secteur. Lors d’une réunion de haut niveau à la Maison Blanche vendredi, le président américain a exhorté au moins 18 dirigeants d’entreprises pétrolières à investir 100 milliards de dollars (environ 92,5 milliards d’euros) au Venezuela, moins d’une semaine après la destitution du président Nicolas Maduro lors d’une opération audacieuse.

C’est la réaction du PDG d’ExxonMobil, Darren Woods, qui a particulièrement irrité Donald Trump. Woods a estimé que des modifications législatives profondes étaient nécessaires avant que le Venezuela ne devienne une opportunité d’investissement viable. Il a souligné que les actifs de son entreprise avaient déjà été saisis à deux reprises dans le pays.

« Nos actifs y ont été saisis à deux reprises, et vous pouvez donc imaginer que rentrer une troisième fois nécessiterait des changements assez importants par rapport à ce que nous avons historiquement vu ici. »

Darren Woods, PDG d’ExxonMobil

Donald Trump n’a pas caché son mécontentement. « Je n’ai pas aimé la réponse d’Exxon », a-t-il déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One dimanche. « Je serai probablement enclin à laisser Exxon à l’écart. Je n’ai pas aimé leur réponse. Ils jouent trop mignons. »

ExxonMobil n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations de la presse. La compagnie, ainsi que ConocoPhillips et Chevron – les trois plus grands producteurs de pétrole américains – étaient autrefois des partenaires clés de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA. Entre 2004 et 2007, le gouvernement du défunt président Hugo Chávez a nationalisé l’industrie pétrolière, incitant ExxonMobil et ConocoPhillips à quitter le pays et à engager des procédures d’arbitrage.

Le Venezuela est actuellement redevable de plus de 13 milliards de dollars (environ 12 milliards d’euros) à ConocoPhillips et ExxonMobil en raison de ces expropriations, suite à des décisions de justice. Ryan Lance, le PDG de ConocoPhillips, a également souligné à Trump que son entreprise était le principal créancier non souverain au Venezuela, appelant à une restructuration de la dette et du système énergétique du pays.

Trump a affirmé que ConocoPhillips récupérerait une partie de son argent, mais a précisé que les États-Unis repartiraient sur des bases nouvelles. « Nous n’allons pas examiner ce que les gens ont perdu dans le passé parce que c’était de leur faute », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur le fait que les entreprises souhaitant opérer au Venezuela devraient traiter directement avec les États-Unis, et non avec le gouvernement de Caracas.

« Vous traitez directement avec nous. Vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela. »

Donald Trump, Président des États-Unis

Samedi, Trump a signé un décret visant à empêcher les tribunaux ou les créanciers de saisir les revenus générés par la vente de pétrole vénézuélien et détenus sur des comptes du Trésor américain. Cette mesure vise à garantir que les fonds générés par le pétrole vénézuélien soient utilisés conformément aux objectifs de l’administration américaine.

Les autorités nicaraguiennes ont par ailleurs arrêté des dizaines de personnes soupçonnées de soutenir le renversement de Maduro, selon des informations récentes.

Les prochaines semaines devraient être cruciales pour déterminer la stratégie exacte de l’administration Trump envers le Venezuela et les entreprises pétrolières qui souhaitent y investir.

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