Publié le 6 octobre 2025 12:20:00. La paralysie politique à Washington se durcit alors que la fermeture partielle du gouvernement américain entre dans son sixième jour, Donald Trump menaçant désormais de licencier des milliers de fonctionnaires pour faire pression sur les démocrates.
- La Maison Blanche envisage des licenciements massifs si les négociations budgétaires restent bloquées.
- Les démocrates conditionnent leur accord à la pérennisation des subventions à l’assurance maladie, une ligne rouge pour leur camp.
- L’administration Trump a gelé au moins 28 milliards de dollars de fonds d’infrastructure, ciblant principalement des États dirigés par les démocrates.
La fermeture du gouvernement américain, débutée le 1er octobre 2025, s’installe dans la durée, atteignant lundi son sixième jour. Cette impasse budgétaire, qui paralyse environ 1,7 billion de dollars (1 700 milliards de dollars) de dépenses fédérales, soit un quart du budget annuel, met en péril le fonctionnement de nombreux services publics et inquiète les employés fédéraux. La Maison Blanche a franchi un nouveau cap dans la confrontation en évoquant la possibilité de licenciements à grande échelle pour forcer les démocrates à céder.
Kevin Hassett, directeur du Conseil économique de la Maison Blanche, a déclaré à la chaîne CNN dimanche que si les démocrates ne faisaient pas de concessions, Donald Trump et le directeur du budget, Russell Vought, étaient prêts à agir.
« Trump et Vought ont déjà préparé le processus et seront en mesure de le mettre en œuvre si nécessaire, mais j’espère que nous n’en arriverons pas là »
Kevin Hassett, directeur du Conseil économique de la Maison Blanche
Le président Trump a brièvement évoqué la question avec les journalistes, sans toutefois fournir de détails précis sur le calendrier ou l’ampleur des éventuels licenciements.
L’administration Trump a également pris des mesures unilatérales en gelant au moins 28 milliards de dollars de fonds d’infrastructure, ciblant en priorité des États à majorité démocrate comme New York, la Californie et l’Illinois. Parallèlement, des vidéos “deepfake” – des montages vidéo hyperréalistes – circulent sur les réseaux sociaux, utilisant des stéréotypes mexicains pour se moquer des démocrates. Cette stratégie a suscité l’indignation du camp adverse, bien que le vice-président JD Vance ait qualifié ces vidéos de « plaisanterie ».
Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, a dénoncé l’attitude de la Maison Blanche, qualifiant les négociations de « farcesques ».
« Ce que nous voyons, ce sont des négociations basées sur de fausses vidéos, des annulations de votes et un président sur un terrain de golf. Ce n’est pas un comportement responsable. »
Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants
Au cœur de l’impasse se trouve la question des subventions à l’assurance maladie, une priorité pour les démocrates. Ils exigent la pérennisation de ces aides financières pour garantir l’accès à une couverture santé abordable. Les démocrates ont rejeté à quatre reprises les propositions de financement temporaire présentées par les républicains. Le Sénat, dominé par les républicains (53 sièges contre 47), nécessite au moins huit voix démocrates pour adopter un projet de loi. John Thune, chef de la majorité sénatoriale, a déclaré qu’un accord était possible si cinq démocrates se ralliaient à la proposition républicaine.
Chuck Schumer, chef de file des démocrates au Sénat, a accusé les républicains de ne faire aucun geste de conciliation. Certains démocrates mettent en garde contre les conséquences d’un retard dans la finalisation du plan de subventions, soulignant que les primes d’assurance pourraient augmenter considérablement à l’approche de la période d’inscription, débutant le 1er novembre. Le sénateur Adam Schiff a insisté sur la nécessité d’une garantie légale pour empêcher la Maison Blanche de revenir sur les dépenses approuvées par le Congrès.
« Je n’accepterai aucune promesse, car ils pourraient changer d’avis à tout moment. »
Adam Schiff, sénateur
La fermeture du gouvernement, qui a débuté le 1er octobre 2025, a déjà égalé le record de 1995, sous l’administration Clinton. Elle reste toutefois loin du record absolu de 35 jours, établi lors du premier mandat de Donald Trump. L’impasse actuelle ne montre aucun signe de dégel, et les conséquences économiques et politiques de cette paralysie pourraient s’aggraver si aucun accord n’est trouvé rapidement.
Donald Trump a réaffirmé son opposition à l’assurance maladie Obama, qu’il considère comme un « désastre pour le peuple », et a insisté sur la nécessité d’une réforme. Les démocrates, de leur côté, maintiennent leur position et exigent la mise en place des subventions avant toute discussion sur d’autres aspects du budget.
Selon certains observateurs, une percée ne pourra être atteinte que si Donald Trump accepte de rencontrer en personne les principaux dirigeants du Congrès. Ruben Gallego, un sénateur démocrate, a souligné l’absence de progrès jusqu’à présent :
« Jusqu’à présent, aucun progrès n’a été réalisé. »
Ruben Gallego, sénateur démocrate
Cette confrontation continue de s’intensifier, avec des centaines de milliers de fonctionnaires confrontés à l’incertitude quant à leur salaire et l’économie américaine qui pourrait subir des coûts importants.
