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Trump mise sur l’intimidation pour forcer les dirigeants vénézuéliens à se ranger

by Clara Dubois

L’administration américaine, après l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, mise sur une stratégie d’intimidation de son entourage et explore des voies de coopération avec des figures clés du régime, notamment la vice-présidente Delcy Rodriguez, afin d’assurer une transition politique et de sécuriser les intérêts pétroliers des États-Unis.

Selon des sources proches du dossier, Washington compte exercer une pression maximale sur les proches de Maduro en menaçant d’une nouvelle intervention militaire, les exposant à un sort similaire à celui de leur ancien chef, actuellement détenu à New York dans l’attente de son procès pour trafic de drogue.

L’administration Trump envisage également de travailler avec Delcy Rodriguez, qui a pris la direction par intérim du pays, la considérant comme une « technocrate » potentiellement ouverte à des discussions sur une transition et les questions énergétiques. « Nous allons faire une évaluation sur la base de ce qu’ils font, et non de ce qu’ils disent publiquement », a déclaré le sénateur Marco Rubio, porte-parole de l’administration sur ce dossier.

Cependant, cette stratégie se heurte à plusieurs obstacles. La détermination de Donald Trump à recourir à la force militaire reste incertaine, et sa capacité à imposer sa volonté au Venezuela post-Maduro est remise en question. Des figures influentes du cercle rapproché de Maduro, comme le ministre de la Défense Vladimir Padrino et le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, pourraient saboter tout accord, compte tenu de leur pouvoir sur l’armée et les services de renseignement.

Des offres d’amnistie ou d’exil sûr, similaires à celles que Maduro a refusées avant son arrestation, pourraient être proposées aux collaborateurs du régime, selon une source. Par ailleurs, la Maison Blanche maintient une forte pression économique en maintenant une « quarantaine » sur les exportations de pétrole vénézuélien, principale source de revenus du pays.

Le président Trump a affirmé son intention de « diriger » le Venezuela post-Maduro, mais il s’agirait, à ce stade, davantage d’une volonté d’exercer une influence significative sur le pays de l’OPEP sans déployer de troupes terrestres américaines, une option qui ne bénéficierait pas d’un large soutien public.

Les frappes aériennes américaines récentes contre les systèmes de défense aérienne vénézuéliens pourraient rendre les dirigeants restants particulièrement vulnérables. L’administration américaine compte également sur la menace de nouvelles frappes aériennes et le maintien d’une présence militaire importante au large des côtes vénézuéliennes pour obtenir la coopération des autorités locales.

« C’est l’épée que Trump tient au-dessus d’eux », a déclaré une source.

L’opposition vénézuélienne a exprimé sa déception face au rejet par Trump de l’idée de collaborer avec Maria Corina Machado, figure de proue de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, privilégiant plutôt les perspectives d’exploitation des ressources pétrolières du pays.

Les États-Unis n’ont pas intervenu aussi directement en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1987 pour destituer le général Manuel Noriega, également accusé de trafic de drogue. L’administration Trump accuse Maduro de diriger un « narco-État » et d’avoir truqué les élections de 2024, des accusations que Maduro nie.

Certains critiques dénoncent cette intervention comme une forme de néocolonialisme, susceptible d’aliéner certains partisans opposés aux interventions étrangères. Une grande partie du bureau de l’hémisphère occidental du Département d’État américain a été prise au dépourvu par les déclarations de Trump, et aucune préparation n’a été faite pour envoyer du personnel à Caracas.

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