Home MondeTrump modifie le modèle des alliances américaines au Moyen-Orient pour favoriser le commerce

Trump modifie le modèle des alliances américaines au Moyen-Orient pour favoriser le commerce

by Clara Dubois

La Maison Blanche semble redéfinir ses priorités au Moyen-Orient, accordant une place de choix à l’Arabie saoudite, au détriment d’une relation traditionnellement privilégiée avec Israël. Cette évolution, orchestrée par le président Donald Trump, s’est concrétisée cette semaine par une visite officielle du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) à Washington.

Lors d’une conférence de presse commune, le président Trump a clairement indiqué que l’administration américaine ne se concentrerait plus sur la promotion de la démocratie ou la défense des droits de l’homme à l’étranger. Il a minimisé les questions concernant l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018, affirmant simplement : « Des choses arrivent », et assurant que MBS « n’en savait rien ».

Cette semaine, le prince héritier s’est engagé à investir 1 000 milliards de dollars (environ 900 milliards d’euros) aux États-Unis. En retour, l’Arabie saoudite a reçu le statut d’« allié majeur non membre de l’OTAN », renforçant ses perspectives de garanties de sécurité formelles. L’administration Trump soutient également la vente d’avions de combat F-35 à l’Arabie saoudite, une décision qui pourrait remettre en question l’avantage militaire traditionnel d’Israël dans la région.

Ce recentrage diplomatique s’inscrit dans une stratégie plus large de M. Trump, qui privilégie les relations personnelles avec les dirigeants régionaux, notamment en Turquie et dans les Émirats arabes unis. Récemment, lors d’une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu après une attaque de missiles israélienne sur le Qatar, M. Trump a interpellé M. Netanyahu et lui a demandé de s’excuser auprès du Qatar pour avoir violé sa souveraineté.

L’objectif ultime de cette nouvelle approche est de créer un accord régional sur le modèle des accords d’Abraham de 2020, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes. L’Arabie saoudite, en tant que puissance politique et économique majeure du Golfe, est perçue comme une pièce maîtresse de ce projet. La richesse des États du Golfe pourrait également contribuer à la reconstruction de Gaza et à la stabilisation de la Syrie, où les sanctions américaines ont été temporairement levées à la demande de MBS, et où le président syrien Ahmed al-Sharaa a été reçu à la Maison Blanche.

Cependant, cette stratégie suscite des inquiétudes en Israël. Le Premier ministre Netanyahu, actuellement confronté à des accusations de fraude et de corruption, reste sceptique quant à la capacité d’Israël à assurer sa sécurité sans un contrôle militaire sur Gaza. Il s’oppose également à toute discussion sur la création d’un État palestinien, une condition préalable à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham. M. Trump semble toutefois espérer que la perspective d’une paix historique avec l’Arabie saoudite pourrait renforcer les chances de M. Netanyahu aux prochaines élections.

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