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Trump refuse de se précipiter sur un accord avec l’Iran malgré le blocage d’Ormuz

by Clara Dubois
Le bras de fer sur le détroit d'Ormuz

Donald Trump a déclaré dimanche 24 mai 2026 que les États-Unis ne se précipiteraient pas pour conclure un accord avec l’Iran, malgré les signaux optimistes de son secrétaire d’État Marco Rubio. Cette prudence intervient alors que le blocage du détroit d’Ormuz continue de fragiliser l’économie mondiale trois mois après le déclenchement du conflit.

Le ton est donné. Alors que le monde attendait une percée diplomatique imminente, le président américain a utilisé sa plateforme Truth Social pour refroidir les attentes. Pour Donald Trump, le temps est un allié stratégique, et toute erreur dans la rédaction ou la certification de l’accord serait fatale. Cette posture contraste singulièrement avec celle de Marco Rubio, qui évoquait pourtant la possibilité d’une bonne nouvelle dans les heures à venir.

Cette dissonance interne au sein de l’administration américaine reflète l’extrême complexité d’un dossier où les enjeux énergétiques, nucléaires et régionaux s’entremêlent. Depuis le 8 avril, un cessez-le-feu fragile lie Washington et Téhéran, mais il ne s’agit pas d’une paix durable. C’est un arrêt des hostilités qui laisse intact le cœur du problème : le contrôle des flux maritimes et la menace d’une arme atomique.

Le bras de fer sur le détroit d’Ormuz

L’économie mondiale est aujourd’hui prise en otage par un verrou géographique. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitaient 20 % des hydrocarbures mondiaux avant le début des guerres, est devenu l’instrument de pression principal de Téhéran. La Presse rapporte que ce passage reste de facto bloqué par l’Iran depuis l’attaque américano-israélienne du 28 février.

Le bras de fer sur le détroit d'Ormuz
cluster (priority): Les Affaires

L’accord en discussion prévoit la réouverture du détroit, mais les modalités de ce déblocage font l’objet d’un désaccord profond. Si Washington exige un retour à la libre circulation, des sources iraniennes citées par l’agence Fars affirment que le passage resterait sous le contrôle strict de l’Iran. Pour Téhéran, le statut d’Ormuz ne peut revenir à sa situation d’avant-guerre.

De son côté, Donald Trump maintient une pression maximale. Il a été très clair : le blocus américain des ports iraniens restera pleinement en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé. C’est un jeu de miroirs où chaque camp utilise un blocus pour forcer l’autre à céder sur les clauses finales.

Le nœud gordien du programme nucléaire

C’est ici que les versions divergent le plus. Pour l’Iran, la question nucléaire est exclue de l’accord immédiat. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que ce dossier ferait l’objet de discussions séparées. L’agence Fars précise même que Téhéran ne s’est engagé ni à céder des stocks, ni à fermer des installations.

Le nœud gordien du programme nucléaire
cluster (priority): Le Droit

Pourtant, Le Devoir souligne que le New York Times, s’appuyant sur des responsables américains, voit dans l’engagement de Téhéran à renoncer à son uranium hautement enrichi un point central du compromis. Les chiffres sont alarmants : l’Iran dispose de 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 %, un niveau que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) considère comme très proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une arme.

L’enjeu est tel que Benjamin Nétanyahou a insisté auprès de Donald Trump pour que tout accord final élimine entièrement la menace nucléaire. Selon des informations relayées par Le Droit, une solution technique serait envisagée : une partie de l’uranium serait diluée, tandis que le reste pourrait être transféré vers un pays tiers, potentiellement la Russie, dans un délai de 60 jours.

L’équation financière et régionale

Pour accepter ces concessions, l’Iran exige un oxygène financier immédiat. Le point de friction majeur concerne le dégel des avoirs iraniens bloqués dans des banques étrangères. Téhéran refuse tout accord sans une libération d’une partie de ces fonds dès la première étape, assortie d’un mécanisme garanti pour le reste.

Donald Trump refroidit l’espoir d’un accord avec l’Iran

L’architecture du deal potentiel semble s’articuler autour de plusieurs axes de détente :

  • Sanctions pétrolières : Une levée temporaire des sanctions sur le pétrole, le gaz et la pétrochimie pour permettre à l’Iran d’exporter ses ressources.
  • Stabilité régionale : Un engagement mutuel de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays voisins.
  • Liban : La fin officielle de la guerre entre Israël et le Hezbollah.
  • Calendrier : Une période de 30 à 60 jours de négociations supplémentaires pour finaliser les détails techniques et financiers.

Cette approche suggère que les deux puissances cherchent d’abord à stopper l’hémorragie économique et humaine — avec des milliers de morts signalés en Iran et au Liban — avant de s’attaquer aux problèmes structurels de sécurité.

L’ombre du doute sur la signature finale

Malgré les consultations de Donald Trump avec les dirigeants de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, de la Turquie et d’autres alliés régionaux, l’issue reste incertaine. Radio-Canada rapporte que le président américain a explicitement demandé à ses représentants de ne pas se précipiter.

L'ombre du doute sur la signature finale
cluster (priority): Le Devoir

L’analyse de la situation montre un paradoxe : alors que Marco Rubio tente de projeter une image de succès rapide pour stabiliser les marchés, Donald Trump utilise la stratégie de l’attente. En maintenant le blocus des ports, Washington garde un levier concret. En refusant de précipiter la signature, Trump s’assure que l’Iran ne pourra pas utiliser l’accord pour reprendre son souffle sans concessions majeures sur le nucléaire.

Les 30 prochains jours seront déterminants. Le monde observera si la volonté de mettre fin à un conflit sanglant et coûteux l’emporte sur l’obstination idéologique. Mais pour l’instant, la maxime de Trump domine : le temps joue en faveur des États-Unis.

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