Home MondeShell double ses bénéfices grâce à l’envolée des prix de l’énergie

Shell double ses bénéfices grâce à l’envolée des prix de l’énergie

by Clara Dubois

Cette performance, la deuxième plus élevée de son histoire, résulte d’une envolée des prix de l’énergie provoquée par la crise au Moyen-Orient.

Le groupe a publié des résultats qui surpassent les attentes des analystes. Selon les données compilées par LSEG, Shell a affiché des gains ajustés de 9,84 milliards de dollars, dépassant la prévision consensuelle de 8,79 milliards de dollars. À titre de comparaison, le bénéfice pour la même période l’an dernier s’élevait à 4,26 milliards de dollars.

Cette trajectoire financière s’inscrit dans un contexte de forte instabilité. Le prix du baril de Brent, référence internationale, a fluctué brutalement, passant d’environ 61 dollars en janvier à des sommets de 126 dollars fin avril, suite au blocage effectif des flux d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz par l’Iran.

Le rôle moteur du trading et la résilience opérationnelle

Malgré la crise, Shell a su transformer la volatilité des marchés en levier de profit.

« La volatilité est la nouvelle norme. Ce que nous avons essayé de construire, c’est une entreprise capable de prospérer dans la volatilité. » Wael Sawan, PDG de Shell, via CNBC

Le PDG a précisé que cette réussite repose sur deux piliers : une performance opérationnelle exceptionnelle et une optimisation et un trading très forts.

Wael Sawan et le gouvernement d’Andy Burnham

Ces résultats tombent alors que Shell s’apprête à discuter de sa stratégie avec le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham. Wael Sawan a indiqué que le bureau du Premier ministre avait pris contact pour organiser une rencontre prochainement. L’objectif du groupe est d’inciter le gouvernement à soutenir le développement de projets en mer du Nord, notamment le gisement de gaz Jackdaw.

Shell’s profits more than double after jump in oil and gas prices #Shorts

Sawan a insisté sur le fait que le Royaume-Uni demeure le siège et la maison de l’entreprise, affirmant que Shell offrirait tout le soutien possible au gouvernement pour naviguer dans ces eaux difficiles.

La colère des organisations environnementales

L’annonce de ces profits record a déclenché une vague d’indignation chez les militants du climat, qui dénoncent un décalage obscène entre les gains de l’entreprise et la crise climatique actuelle, marquée par des incendies dévastateurs en France et en Espagne.

Photo: albawaba.com

« Les profits records de Shell aujourd’hui sont un rappel choquant de qui bénéficie réellement de notre dépendance aux combustibles fossiles. » Flossie Boyd, militante senior chez Global Witness, via mirror.co.uk

Le groupe Greenpeace, par la voix de Rudy Schulkind, a exhorté le gouvernement Labour à cesser de protéger les profits des géants du pétrole et à instaurer une taxe sur les superprofits. L’objectif serait d’utiliser ces revenus pour aider les ménages face au coût de la vie et accélérer la transition vers des énergies propres.

De son côté, Robert Palmer, directeur adjoint d’Uplift, a qualifié la stratégie de Shell de comportement maniaque, accusant l’entreprise de privilégier ses profits au détriment de la santé de la planète alors que le monde est littéralement en feu.

Indicateurs financiers et perspectives 2026

Au-delà du bénéfice net, la structure financière de Shell montre une gestion rigoureuse de sa dette et de sa trésorerie. Le groupe prévoit de maintenir son programme de rachat d’actions à hauteur de 3 milliards de dollars pour le prochain trimestre.

Photo: AOL
Indicateur (T2 2026) Valeur rapportée
Flux de trésorerie opérationnels 21,4 milliards de dollars
Dette nette 41,75 milliards de dollars
Dépenses d’investissement (est. 2026) Entre 24 et 26 milliards de dollars

La dette nette a ainsi été ramenée à 41,75 milliards de dollars, contre 52,6 milliards à la fin du premier trimestre. Sur les marchés, l’action Shell a réagi positivement jeudi matin, après une progression depuis le début de l’année, bien que le titre reste en retrait face à des concurrents comme BP ou Exxon Mobil.

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