Le prix de l’essence au Québec est principalement dicté par le coût du pétrole brut et un régime fiscal complexe.
L’obsession pour les marges des stations-service occulte souvent la réalité mathématique du litre d’essence. Selon Patrick Gonzalez, professeur agrégé au département d’économie de l’Université Laval, la part attribuable au détail est minime
dans la décomposition finale du prix. L’essentiel de la facture est déterminé bien avant que le carburant n’atteigne la pompe.
Le poids des taxes et du brut
L’analyse des coûts révèle que les taxes et les matières premières constituent le cœur du prix. Le pétrole brut et le raffinage représentent une part importante du coût total, tandis que les taxes absorbent également une part majeure de la somme payée par le consommateur.
Le régime fiscal québécois se caractérise par un empilement de prélèvements.
| Composante | Part estimée du prix | |
|---|---|---|
| Brut et raffinage | Part importante | |
| Taxes (Fédérales et Provinciales) | Part majeure | |
| Marge des détaillants | Minime |
L’abolition du prix plancher le 7 juin 2025
L’impact des tensions géopolitiques et de Montréal
Le prix à la pompe réagit presque instantanément aux événements mondiaux. Les hausses observées au printemps 2026 s’expliquent notamment par la flambée du prix du baril de pétrole brut provoquée par la guerre en Iran.
Au niveau local, un écart persiste entre Montréal et le reste de la province.
La transparence du marché selon la Régie de l’énergie
Contrairement à d’autres secteurs de la consommation, l’industrie pétrolière est jugée transparente par les autorités. Benjamin Bourque, porte-parole de la Régie de l’énergie du Québec, souligne que l’organisme publie chaque jour le prix minimal à la rampe de chargement pour informer le public.
C’est une industrie qui est plutôt transparente. Quel autre détaillant affiche son prix au coin de la rue, devant tout le monde ?
Benjamin Bourque, porte-parole de la Régie de l’énergie du Québec
L’analyse de la Régie montre que, hors taxes, les prix au Québec sont pratiquement équivalents à ceux du marché au comptant du port de New York. Les variations restantes s’expliquent principalement par les coûts de transport vers des régions éloignées comme la Gaspésie, la Côte-Nord ou le Nord-du-Québec, ou par une concurrence locale limitée dans certaines municipalités.
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