La relation privilégiée entre l’ancien président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) continue de susciter la controverse, illustrée par une nouvelle rencontre à la Maison Blanche le 18 novembre 2025. Au-delà des enjeux géopolitiques, cette alliance est marquée par des intérêts commerciaux considérables et une indulgence affichée envers un bilan controversé en matière de droits humains.
Lors d’une conférence de presse organisée après la rencontre, les journalistes ont interpellé Donald Trump sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Sa réponse a été laconique : « Beaucoup de gens n’aimaient pas cet homme dont vous parlez, que vous l’aimiez ou non, des choses arrivent. » Il a réaffirmé sa conviction que MBS n’était pas impliqué dans ce meurtre, une affirmation contredite par une évaluation de la CIA qui estime qu’il est fort probable que le prince héritier ait donné l’ordre de l’assassinat.
Dès 2015, Donald Trump avait déjà exprimé son affection pour l’Arabie saoudite, motivée en grande partie par des considérations financières. « L’Arabie saoudite, je m’entends avec eux tous », avait-il déclaré lors d’un meeting de campagne. « Ils m’achètent des appartements. Ils dépensent 40 millions de dollars, 50 millions de dollars (environ 37 millions d’euros, 46 millions d’euros). Suis-je censé ne pas les aimer ? Je les aime beaucoup. »
Cette proximité s’est traduite par une multiplication des affaires entre la famille Trump et des entités saoudiennes, tant publiques que privées. Le Fonds d’investissement public saoudien (PIF), principal fonds souverain du royaume, a notamment investi massivement dans des projets liés à l’ancien président. Par ailleurs, des promoteurs immobiliers saoudiens ont développé des partenariats avec Trump, notamment via la société Dar Global.
L’amour de Trump pour le golf a également ouvert des portes aux Saoudiens. Après que la PGA Tour a rompu ses liens avec l’ancien président suite aux événements du 6 janvier 2021, la ligue de golf LIV, financée par le PIF, a organisé plusieurs tournois sur les terrains de golf appartenant à Trump. Ces événements ont généré des revenus considérables pour l’ancien président, estimé à plusieurs millions de dollars.
Lors d’une déposition en 2022 dans le cadre d’une procédure judiciaire, Trump a même évoqué la possibilité de vendre l’un de ses terrains de golf écossais à l’Arabie saoudite pour une somme « astronomique », bien supérieure à sa valeur réelle. Il s’est ensuite rétracté et a refusé de fournir des détails supplémentaires.
Au-delà du golf, la collaboration entre Trump et des entreprises saoudiennes s’est étendue à d’autres secteurs immobiliers. Dar Global a ainsi conclu des accords pour construire une tour à Dubaï, un terrain de golf au Qatar, trois complexes hôteliers à Oman, deux projets à Riyad et une autre tour à Djeddah. Le PDG de Dar Global avait d’ailleurs assisté à la cérémonie d’investiture de Trump en janvier 2017.
Quelques heures avant l’arrivée de MBS à Washington, la Trump Organization a annoncé un nouveau projet avec Dar Global : la construction d’un complexe hôtelier dans les Maldives, financé en partie par des cryptomonnaies. Des experts en éthique ont dénoncé ces conflits d’intérêts, soulignant l’incompatibilité entre les intérêts commerciaux de l’ancien président et ses fonctions publiques.