Le monde de la télévision britannique est en émoi : après des années à incarner l’emblématique émission de danse Strictly Come Dancing, Tess Daly et Claudia Winkleman ont annoncé leur départ, soulevant des questions sur l’avenir du programme et les raisons de cette décision.
Tess Daly, présentatrice de l’émission depuis 21 ans, et Claudia Winkleman, co-animatrice principale depuis 11 ans, laissent un vide considérable. La BBC espère que leur départ sera perçu comme une conséquence naturelle de leur longévité à l’écran et de l’impact de leurs engagements professionnels sur leur vie familiale. Cependant, l’annonce, intervenue seulement à la cinquième semaine des 13 composant la saison 23, suscite des interrogations.
Il est difficile d’ignorer l’influence des récentes controverses entourant l’émission. Bien que les scandales et allégations concernant le comportement de certains participants n’aient pas directement visé les présentatrices, l’adage selon lequel « on est jugé par la compagnie que l’on tient » pourrait avoir pesé sur leur décision. Des agents pourraient légitimement craindre une contamination par association.
L’équilibre entre la dépendance d’une émission envers ses animateurs et la capacité de ces derniers à s’en affranchir est également un facteur à considérer. Dans le cas de Claudia Winkleman, il semble que l’émission ait davantage besoin d’elle qu’elle de l’émission. Son succès avec The Traitors, le plus grand succès de divertissement de la BBC depuis Strictly Come Dancing, et les perspectives d’expansion de ce programme, notamment avec des versions internationales, renforcent sa position.
La question de savoir qui succédera à Tess Daly et Claudia Winkleman reste ouverte. La BBC a simplement indiqué que les plans pour la prochaine saison seraient annoncés « en temps voulu », laissant même planer le doute sur l’existence d’une 24e saison.
Cette situation rappelle celle d’une autre série phare de la BBC One, Doctor Who. Strictly Come Dancing et Doctor Who partagent une histoire commune : toutes deux sont des remakes de programmes du XXe siècle – Come Dancing (1950-1998) et le Doctor Who original (1963-1989) – et ont été relancées à moins d’un an d’intervalle (Strictly Come Dancing a été lancé le 15 mai 2004, et le nouveau Doctor Who le 26 mars 2005). Deux décennies plus tard, les deux séries se trouvent dans une situation incertaine, après le départ de leurs interprètes principaux et sans confirmation de la prochaine saison.
L’idée que la BBC ne puisse pas mettre fin à des émissions aussi populaires repose sur une fausse prémisse : les succès télévisuels ne durent pas éternellement. Certains programmes, comme Noel’s House Party à la fin des années 1990, connaissent un déclin soudain de leur audience et de l’intérêt médiatique. Dans d’autres cas, les animateurs et les chaînes perdent leur créativité. Ant & Dec’s Saturday Night Takeaway, le principal concurrent de Strictly Come Dancing sur ITV, a été suspendu indéfiniment plus tôt cette année.
Si Strictly Come Dancing devait suivre le même chemin, il serait judicieux pour Tess Daly et Claudia Winkleman de dissocier leur départ et les hommages qui leur seront rendus de toute couverture ultérieure concernant l’avenir de l’émission. Avec une audience dépassant les 6 millions de téléspectateurs – inférieure aux chiffres précédents, mais supérieure à la plupart des autres programmes terrestres à l’ère du streaming – arrêter la danse serait une décision audacieuse. Cependant, face à une couverture médiatique potentiellement hostile, la BBC pourrait décider qu’une pause s’impose, tant pour l’émission que pour l’équipe de production.
Un éventuel trou dans la programmation de 2026 ou une restructuration de Strictly Come Dancing mettrait sans aucun doute The Traitors davantage en avant, plaçant Claudia Winkleman dans une position avantageuse. L’expérience montre que la séparation d’un duo d’animateurs peut désavantager l’un des partenaires plus que l’autre, il est donc essentiel d’assurer une transition réussie pour Tess Daly. Il serait surprenant, voire un manque de professionnalisme, qu’un podcast mettant en scène Winkleman et Daly ne voie pas le jour.
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