Publié le 13 décembre 2025 à 22h02. L’administration Trump intensifie ses efforts diplomatiques pour parvenir à un accord de paix en Ukraine d’ici la fin de l’année, en proposant des garanties de sécurité contraignantes à Kiev et en ouvrant des négociations sur le statut des territoires contestés.
- Les États-Unis seraient prêts à offrir à l’Ukraine une garantie de sécurité basée sur l’article 5 de l’OTAN, soumise à l’approbation du Congrès.
- Steve Witkoff, émissaire de Donald Trump, est en déplacement à Berlin pour des entretiens avec Volodymyr Zelensky et des responsables européens.
- Un projet de zone démilitarisée est à l’étude, avec des concessions potentielles de part et d’autre, notamment concernant le Donbass et les régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk.
La perspective d’un accord de paix en Ukraine semble s’éloigner, mais une nouvelle dynamique émerge grâce à l’engagement croissant de l’administration Trump. Après avoir exprimé son impatience face aux négociations infructueuses, Donald Trump a envoyé son émissaire, Steve Witkoff, à Berlin pour relancer les discussions avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens. Ces pourparlers, qui culmineront lors d’un sommet lundi dans la capitale allemande, se concentrent notamment sur la question cruciale des garanties de sécurité pour Kiev.
Selon un haut responsable américain cité par le journal Axios, des « progrès significatifs » ont été réalisés en matière de garanties de sécurité. Washington serait désormais disposé à offrir à l’Ukraine une garantie inspirée de l’article 5 de l’OTAN, qui prévoit une défense collective en cas d’attaque. Cette garantie, qui nécessiterait l’approbation du Congrès américain pour être juridiquement contraignante, constituerait un engagement « suffisamment solide » sans être un « chèque en blanc », selon la même source.
Les chancelleries européennes insistent sur la nécessité d’un engagement formel des États-Unis pour assurer la sécurité de l’Ukraine. Le changement d’attitude de Trump, qui avait récemment exprimé son scepticisme quant à l’utilité des réunions diplomatiques, témoigne de cette ouverture. Le président américain a déclaré qu’il n’enverrait plus d’émissaires sans perspectives de progrès concrets.
Witkoff est accompagné à Berlin par Jared Kushner, qui a déjà participé aux négociations les plus importantes, y compris celles avec Vladimir Poutine au Kremlin. Un deuxième responsable de la Maison Blanche a affirmé que les deux hommes « croient qu’il peut y avoir une chance pour la paix et le président leur fait confiance ». Le sommet de lundi, présidé par Friedrich Merz, réunira plusieurs chefs d’État et de gouvernement européens, dont Giorgia Meloni, ainsi que des représentants de l’Union européenne, de l’OTAN et de l’Ukraine.
Un accord sur les garanties de sécurité permettrait d’aborder la phase la plus délicate des négociations : la question des territoires. Moscou revendique toujours l’ensemble du Donbass, tandis que Washington exige le retrait des forces ukrainiennes des zones encore sous leur contrôle en vue de la création d’une zone économique libre démilitarisée. En contrepartie, l’armée russe se retirerait des régions conquises de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk, tout en conservant le contrôle de Kherson et de Zaporizhzhia.
Bien que la position officielle ukrainienne reste opposée aux exigences russes, Volodymyr Zelensky a récemment laissé entendre qu’il serait prêt à soumettre la question territoriale à un référendum. Cette option serait soutenue par les États-Unis et l’Europe, selon des sources proches de l’administration Trump, mais son organisation dans les circonstances actuelles serait extrêmement complexe.
Dans l’intervalle, Witkoff et Kushner discuteront vendredi d’un projet de zone démilitarisée avec les conseillers à la sécurité de l’Ukraine, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni. La question de l’avenir européen de Kiev est également à l’étude. Un haut responsable français a évoqué la possibilité d’une adhésion à l’UE dès 2027 dans le cadre du plan de paix américain, mais ce calendrier ambitieux pourrait susciter des objections de la part de certains États membres, notamment la Hongrie de Viktor Orban.
