Publié le 13 décembre 2025 à 19h00. Des chercheurs ont identifié une nouvelle molécule prometteuse capable de lutter contre les bactéries hospitalières résistantes aux antibiotiques, offrant un espoir face à la crise croissante de l’antibiorésistance.
- Environ 500 000 infections par an en Allemagne sont causées par des germes hospitaliers.
- Une nouvelle substance chimique, la préméthylèneomycine C-lactone, s’est révélée plus de 100 fois plus efficace que l’antibiotique dont elle est dérivée.
- Les bactéries ne semblent pas développer de résistance à ce nouveau principe actif.
La propagation des infections nosocomiales, ou infections contractées à l’hôpital, représente un défi majeur pour les systèmes de santé à travers le monde. Selon AOK.de, environ 500 000 personnes sont touchées chaque année en Allemagne par ces germes, souvent résistants aux traitements classiques. Le Centre allemand de recherche sur les infections (DZIF) souligne que cette résistance est en partie due à une utilisation excessive et inappropriée des antibiotiques, ainsi qu’à des mesures d’hygiène insuffisantes.
Les antibiotiques, médicaments conçus pour tuer les bactéries ou inhiber leur croissance, sont inefficaces contre les infections virales comme le rhume. Face à l’augmentation des bactéries résistantes, une équipe de scientifiques des universités de Warwick (Royaume-Uni) et de Monash (Australie) a fait une découverte fortuite qui pourrait changer la donne. Leurs travaux, publiés dans la revue spécialisée Journal of Organic Chemistry, mettent en lumière un nouvel ingrédient actif aux propriétés remarquables.
L’étude initiale portait sur les gènes responsables de la production de la méthylèneomycine A, un antibiotique découvert il y a environ 50 ans. Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont isolé deux substances chimiques jusqu’alors inconnues. L’une d’entre elles, la préméthylèneomycine C-lactone, a particulièrement attiré leur attention.
Les tests en laboratoire ont révélé que cette lactone est plus de 100 fois plus efficace que la méthylèneomycine A. Elle s’est avérée particulièrement puissante contre deux types de germes hospitaliers particulièrement redoutables : le Staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SARM) et l’entérocoque résistant à la vancomycine (ERV). Un autre point encourageant est que les bactéries ne semblent pas développer de résistance à ce nouveau principe actif, et qu’il peut être produit en quantités plus importantes.
Cependant, avant de pouvoir être utilisé en tant que médicament, la préméthylèneomycine C-lactone devra subir des études et des tests supplémentaires. L’équipe de recherche prévoit de mener des études précliniques pour évaluer sa sécurité et son efficacité chez l’homme.
« Jusqu’à présent, personne n’a apparemment testé l’efficacité des produits intermédiaires d’anciens antibiotiques. Cela pourrait être une nouvelle façon de trouver des médicaments plus efficaces contre les agents pathogènes résistants. »
Greg Challis, responsable de l’étude
