Publié le 6 octobre 2025 à 06h12. L’ancienne chancelière allemande Angela Merkel a révélé avoir douté de la sincérité de la Russie dans les négociations précédant l’invasion de l’Ukraine, tandis que les tensions persistent avec des frappes de drones et des accusations mutuelles.
- Angela Merkel a exprimé ses doutes quant à l’engagement de Vladimir Poutine envers les accords de Minsk en 2021.
- La Russie accuse l’Ukraine d’incursions de drones sur son territoire, tandis que Kiev intensifie ses frappes sur les infrastructures énergétiques russes.
- L’OTAN renforce sa présence dans le ciel européen, notamment avec des avions britanniques Voyager assurant des missions de ravitaillement.
L’ancienne chancelière allemande Angela Merkel a confié avoir perçu un manque de sérieux de la part du président russe Vladimir Poutine concernant les accords de Minsk, censés apaiser les tensions dans l’est de l’Ukraine. Dans une interview accordée à Partizán, elle a expliqué avoir souhaité la mise en place d’un nouveau format de négociations directes entre l’Union européenne et la Russie.
« Je voulais un nouveau format où nous pourrions parler directement avec Poutine comme l’Union européenne », a-t-elle déclaré. Cependant, cette initiative s’est heurtée à l’opposition de certains États membres, notamment les pays baltes et la Pologne, craignant une perte d’unité dans la politique européenne envers Moscou. « Certaines personnes n’ont pas soutenu cela. Ce sont principalement les États baltes, mais la Pologne était également contre », a-t-elle précisé, expliquant que ces pays redoutaient « que nous n’ayons pas de politique commune envers la Russie ».
Finalement, ce projet n’a pas abouti, Angela Merkel ayant quitté ses fonctions peu avant le début de la guerre en Ukraine. « En tout cas, cela ne s’est pas concrétisé. Ensuite, j’ai quitté mes fonctions, puis la guerre de Poutine a commencé », a-t-elle souligné, ajoutant qu’il est impossible de savoir aujourd’hui si une telle approche aurait pu changer le cours des événements. « Nous ne pouvons pas dire aujourd’hui ce qui se serait passé. »
Parallèlement, la Russie accuse l’Ukraine d’avoir intensifié ses attaques sur son territoire. Dans la nuit du 5 au 6 octobre 2025, une raffinerie de pétrole située dans la région de Krasnodar a été la cible de drones, provoquant un incendie rapidement maîtrisé. Deux personnes ont été blessées, selon les autorités locales. L’Ukraine a également mené des frappes dans la région de Belgorod, endommageant les infrastructures électriques et privant des milliers de foyers d’électricité. Les services d’urgence ont rétabli le courant pour 34 000 personnes, mais 5 400 demeurent toujours sans électricité.
L’ancien président russe Dmitri Medvedev a réagi en avertissant que ces incursions de drones rappellent aux Européens les dangers de la guerre.
« L’essentiel est que les Européens à courte vue ressentent le danger de la guerre sur leur propre peau », a-t-il écrit sur Telegram. « Qu’ils craignent et tremblent comme des animaux stupides dans un troupeau poussé à l’abattage. »
Dmitri Medvedev, ancien président russe
La Russie affirme ne pas être impliquée dans ces incursions et dément toute intention d’attaquer l’Europe. En parallèle, l’OTAN renforce sa surveillance aérienne, avec des avions britanniques Voyager assurant des missions de ravitaillement en carburant pour les patrouilles de l’Alliance. Ces avions, initialement conçus pour le transport de passagers, sont également équipés pour le ravitaillement en vol, illustrant la polyvalence des moyens militaires déployés par le Royaume-Uni.
Enfin, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) estime que le Kremlin tente d’empêcher les États-Unis de fournir des missiles Tomahawk à l’Ukraine afin de préserver ses zones arrières. L’ISW souligne que l’Ukraine pourrait significativement affaiblir les capacités militaires russes en ciblant des infrastructures clés situées en profondeur sur le territoire russe.
