Home SantéUn appât contre les virus prévient les infections

Un appât contre les virus prévient les infections

by Sophie Martin

Publié le 3 novembre 2025 à 06h00. Des chercheurs de l’Université de Washington à Saint-Louis ont mis au point une méthode innovante pour neutraliser les virus responsables de la fièvre jaune et de l’encéphalite, en bloquant leur accès aux cellules humaines. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention de ces maladies potentiellement mortelles.

  • La fièvre jaune et l’encéphalite, des maladies virales graves, pourraient devenir moins menaçantes grâce à cette découverte.
  • Les chercheurs ont identifié les récepteurs spécifiques que ces virus utilisent pour infecter les cellules.
  • Une nouvelle approche basée sur des « leurres » moléculaires empêche les virus de s’attacher aux cellules, offrant une protection efficace.

Les virus de la fièvre jaune et de l’encéphalite, deux maladies infectieuses pouvant entraîner des complications graves, sont notoirement difficiles à combattre. Une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine de l’ Université de Washington à Saint-Louis a annoncé avoir identifié un mécanisme clé permettant de les neutraliser : bloquer leur point d’entrée dans l’organisme humain. Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de nouvelles méthodes de prévention.

Ces virus appartiennent à une famille plus large qui inclut également ceux responsables du Zika, de la dengue et de la fièvre du Nil occidental. Le changement climatique favorise leur propagation, augmentant ainsi le risque d’épidémies, même dans des régions tempérées comme l’Europe centrale. Les chercheurs ont découvert que ces virus utilisent des récepteurs spécifiques, les lipoprotéines de basse densité (LDLR), pour s’attacher aux cellules et les infecter. Ces récepteurs constituent la principale voie d’entrée des virus dans les cellules.

Il existe plusieurs types de récepteurs LDLR. Trois d’entre eux – LRP1, LRP4 et VLDLR – servent de « portes d’entrée » au virus de la fièvre jaune. Un autre récepteur, LRP8, joue un rôle similaire dans l’infection par le virus de l’encéphalite. LRP1 est principalement présent à la surface des cellules hépatiques, expliquant pourquoi la fièvre jaune affecte souvent le foie. LRP8, quant à lui, se trouve principalement sur les cellules du système nerveux, ce qui explique les symptômes neurologiques sévères associés à l’encéphalite à tiques.

Pour contrer ces virus, l’équipe a mis au point des molécules leurres, conçues pour imiter les parties des récepteurs qui attirent les virus. Ces leurres agissent comme un piège, détournant les virus de leur cible initiale. Au lieu de s’attacher aux récepteurs cellulaires, les virus se lient aux leurres, les neutralisant ainsi. Des expériences en laboratoire, menées sur des cellules humaines et des souris, ont confirmé l’efficacité de cette approche. Les souris immunodéprimées, protégées par ces leurres, ont survécu à une dose normalement mortelle du virus de la fièvre jaune, contrairement aux souris ayant reçu un placebo. De plus, les leurres ont permis de prévenir les lésions hépatiques chez des souris ayant reçu une greffe de cellules hépatiques humaines.

Cellules infectées par des virus (vertes) et protégées par des appâts (Image : Pengfei Li, Hana Janova)

Cellules infectées par des virus (vertes) et protégées par des appâts (Image : Pengfei Li, Hana Janova)

You may also like

Leave a Comment