Publié le 18 janvier 2026 à 00h24. Un capitaine de navire, de nationalité russo-ukrainienne, a été interpellé par les gendarmes maritimes à Bayonne après avoir été contrôlé positif à l’alcool. L’incident a débuté au large des Landes, où le cargo qu’il commandait présentait une navigation erratique.
- Le capitaine du cargo “Radbod” a été arrêté pour navigation sous l’emprise de l’alcool, avec un taux d’alcoolémie de 0,96 mg/l d’air expiré (soit près de 2 grammes par litre de sang).
- L’intervention des forces de l’ordre a été déclenchée après que le navire ait été signalé pour une route incohérente et dangereuse au large des Landes.
- Le capitaine sera jugé le 13 mars 2026 par le Tribunal maritime de Bordeaux, une juridiction spécialisée dans les délits maritimes.
Les faits se sont déroulés mercredi 14 janvier 2026, lorsque la brigade de gendarmerie maritime d’Anglet a été alertée concernant un cargo modifiant sa trajectoire de manière inquiétante, s’approchant dangereusement de bateaux de pêche au large de Vieux-Boucau-les-Bains, dans les Landes. Pendant 45 minutes, l’équipage du navire n’a pas répondu aux appels du sémaphore de Messanges.
Le “Radbod”, un cargo vraquier construit en 2025 et battant pavillon d’Antigua et Barbuda, appartient à une compagnie allemande. Ce navire imposant mesure 95 mètres de long et 15 mètres de large, pour un déplacement d’environ 3 000 tonnes. Il avait quitté Bilbao le 13 janvier 2026 à vide, avec pour destination Bayonne afin de charger des métaux en vue d’un acheminement vers les Pays-Bas.
C’est le second du navire qui a repris le contrôle de la navigation lorsque l’état du commandant a été jugé préoccupant. Selon ses déclarations, il a pris les commandes après avoir constaté l’incohérence de la route suivie par le “Radbod”. L’équipage est composé de six marins ukrainiens et de deux marins philippins, le commandant étant de nationalité russo-ukrainienne et assisté par deux officiers.
À l’arrivée du navire au port de Bayonne, les gendarmes maritimes ont embarqué et ont constaté que
« le commandant semblait être sous l’emprise d’alcool »
Parquet de Bordeaux
. Le test d’alcoolémie a révélé un taux de 0,96 mg/l d’air expiré, équivalent à près de 2 grammes par litre de sang.
Le capitaine a été placé en garde à vue pour “exercice de fonctions à bord d’un navire sous l’empire et conduite d’un navire par un pilote sous l’empire d’un état alcoolique et manquement par Capitaine aux règles de la Congrès COLREG relative à la veille visuelle et auditive”.
Interrogé, le capitaine a contesté les faits qui lui sont reprochés. Le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a précisé que, compte tenu de la gravité des faits, le commandant a été déféré devant le tribunal maritime de Bordeaux le 16 janvier 2026.
Il a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer la profession de capitaine de navire. Le jugement est prévu pour le 13 mars 2026. Il s’agit de la première fois, depuis la création du tribunal maritime de Bordeaux en 2014, qu’un auteur soit déféré devant cette juridiction.
Selon Me Julien Plouton, avocat pénaliste,
« c’est peut-être parce que c’est la première fois qu’un capitaine d’un bateau d’une telle envergure se retrouve dans une telle situation. Ce qui pose des problématiques importantes en termes de sécurité pour les professionnels de la mer qu’il peut causer et en termes d’environnement »
Me Julien Plouton, avocat pénaliste
. Les sanctions encourues sont plus sévères que celles prévues pour une simple conduite sous l’influence de l’alcool, avec des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et des amendes plus importantes.
Le pilote maritime, qui avait assisté à la manœuvre d’entrée dans le port de Bayonne, a signalé l’incident aux autorités portuaires conformément aux protocoles en vigueur. Il a confirmé que la chaîne de commandement avait repris le contrôle avant son arrivée et qu’il avait simplement appliqué son devoir de signalement de non-conformité.
Pour aller plus loin
