Home AffairesUn comportement rationnel est peu probable dans un contexte de capacité persistante en réassurance de biens, selon Goldman Sachs

Un comportement rationnel est peu probable dans un contexte de capacité persistante en réassurance de biens, selon Goldman Sachs

by Amélie Bernard

Publié le 27 octobre 2025 09h03. Les analystes de Goldman Sachs expriment des réserves quant à la rationalité du marché de la réassurance des risques de catastrophe, anticipant une pression à la baisse sur les tarifs en raison d’une concurrence persistante et d’une offre de capitaux abondante.

  • Goldman Sachs met en doute la discipline du marché de la réassurance, soulignant l’absence de changements structurels significatifs.
  • Les réassureurs sont accusés de participer à une « course vers le bas » des prix, notamment via les agences de gestion générales (MGA).
  • L’arrivée de nouveaux acteurs et le maintien des capitaux alternatifs ne devraient pas inverser cette tendance à court terme.

Le marché de la réassurance des biens est scruté de près par les analystes de Goldman Sachs, qui tirent la sonnette d’alarme quant à un comportement potentiellement irrationnel des acteurs. Leur récent rapport souligne que les conditions structurelles qui pourraient justifier une hausse des tarifs ne se sont pas matérialisées, et que les signes de concurrence exacerbée persistent, malgré un contexte macroéconomique peu favorable.

Selon les experts, les barrières à l’entrée sur ce marché restent basses, et l’offre et la demande ne présentent pas de déséquilibre significatif. Ils pointent du doigt une tendance inquiétante : les réassureurs semblent activement contribuer à la baisse des prix, en particulier par le biais des MGA, des intermédiaires spécialisés dans la gestion de risques. Des courtiers confirment cette érosion des conditions et le retour de structures de couverture plus complexes.

« Si la dynamique fondamentale du marché n’est pas devenue plus favorable, alors nous devons croire que l’ensemble des acteurs du marché agiront de manière plus rationnelle sous les mêmes forces du marché. »

Goldman Sachs

Cependant, les analystes de Goldman Sachs nuancent cette affirmation, estimant qu’il existe des preuves du contraire. Ils observent que les réassureurs, dans le secteur de l’immobilier, semblent moins enclins à maintenir des tarifs élevés, et que les MGA soutenus par les réassureurs remettent rapidement en place des capacités importantes, ce qui avait contribué à la dislocation du marché en 2023. Arch Capital Group a d’ailleurs récemment fait état de cette situation.

Aon, un courtier de réassurance majeur, a également souligné une plus grande flexibilité de la part des réassureurs en matière de conditions et de garanties, en plus d’une certaine pression sur les tarifs lors des renouvellements semestriels.

Parallèlement, les analystes de Citizens Bank confirment cette analyse, notant que l’offre de réassurance dépasse actuellement la demande. Ils anticipent que si la saison des ouragans actuelle reste calme, ce déséquilibre pourrait s’accentuer, entraînant une baisse des prix de l’ordre de 10 à 20 % (voire plus pour la rétrocession). Néanmoins, ils précisent que les niveaux de prix restent globalement robustes et permettent aux réassureurs de dégager des rendements satisfaisants.

L’afflux continu de capitaux tiers, même en l’absence de nouveaux entrants sur le marché, devrait retarder les effets positifs attendus jusqu’en 2026. De plus, la diminution des spreads des obligations catastrophe lors des transactions récentes, ainsi qu’un blocage des prix observé sur le marché des cat bonds, pourraient inciter les réassureurs traditionnels à réagir lors des renouvellements de fin d’année.

En l’absence de pertes majeures ou d’événements imprévus, le marché de la réassurance pourrait donc entrer en 2026 dans un contexte de concurrence accrue et de prix potentiellement plus bas, en particulier pour les risques de catastrophe immobilière. La discipline du marché sera mise à l’épreuve, notamment en ce qui concerne les conditions de couverture et les niveaux de garantie.

Pour plus d’informations sur les transactions récentes en matière d’obligations catastrophe, consultez le répertoire des transactions d’Artemis.

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