Home MondeUn crime de plus aux États-Unis – Rebelion

Un crime de plus aux États-Unis – Rebelion

by Clara Dubois

Publié le 2024-02-29 14:30:00. Des analyses approfondies révèlent une longue histoire d’interventions américaines à l’étranger, souvent motivées par des intérêts économiques plutôt que par des considérations démocratiques, et soulignent une politique étrangère de plus en plus assumée dans sa dimension impérialiste.

  • Les États-Unis ont eu recours à la force militaire ou à des pressions politiques dans de nombreux pays pour protéger leurs intérêts économiques et stratégiques.
  • Des études montrent que les interventions américaines, souvent présentées comme des luttes pour la démocratie, ont fréquemment soutenu des régimes autoritaires.
  • La situation actuelle au Venezuela est perçue comme une nouvelle illustration de cette politique, avec des déclarations explicites sur l’exploitation des ressources naturelles du pays.

Une analyse des archives officielles américaines, notamment du Congrès des États-Unis, révèle une multitude d’interventions militaires et politiques menées à l’étranger depuis la Seconde Guerre mondiale. Ces interventions, souvent dissimulées ou présentées sous des motifs divers, visent à protéger les citoyens américains ou à promouvoir leurs intérêts, selon les documents consultés. Le site du Congrès recense « des centaines de cas » de ce type, sans compter les opérations secrètes ou les déploiements militaires de longue durée.

L’encyclopédie en ligne Wikipédia recense quant à elle 58 coups d’État dans différents pays où les États-Unis sont accusés d’être intervenus depuis 1945. Des recherches plus poussées, comme l’étude Levin, indiquent au moins 81 interventions connues, ouvertes ou secrètes, dans des élections étrangères entre 1946 et 2000. Une analyse de ces interventions durant la Guerre froide (1947-1989) démontre que seulement 12,5 % d’entre elles avaient pour objectif de favoriser une transition démocratique dans des États autoritaires, selon un ouvrage référencé.

Ces interventions suivent des schémas récurrents : les États-Unis considèrent comme une « menace » tout gouvernement qui tente de nationaliser ses ressources (pétrole, cuivre, terres, banques…), de réglementer les capitaux étrangers, de redistribuer les richesses ou de ne pas s’aligner sur la politique américaine. Dans ces cas, Washington a souvent eu recours au sabotage économique, à la pression diplomatique, à la déstabilisation interne, voire à des coups d’État, des guerres ou des opérations secrètes pour faire plier ces gouvernements.

L’histoire montre que les États-Unis n’ont pas hésité à soutenir des dictateurs, comme Augusto Pinochet au Chili ou Suharto en Indonésie, ou à considérer des régimes autoritaires comme des « amis », privilégiant leurs intérêts économiques et stratégiques au respect des droits de l’homme et de la démocratie. Les interventions américaines ont invariablement conduit à une appropriation accrue des ressources naturelles et des capitaux des pays ciblés. L’exemple de l’Iran en 1953, où le gouvernement de Mossadegh, qui avait nationalisé le pétrole, a été renversé pour installer le Shah et favoriser un consortium pétrolier dominé par la Grande-Bretagne et les États-Unis, est particulièrement frappant. Un an plus tard, un coup d’État au Guatemala a permis à la United Fruit Company de récupérer ses privilèges fonciers et fiscaux. Le Chili, l’Argentine, le Honduras, le Brésil, l’Irak, l’Afghanistan et l’Indonésie ont également été touchés par ce type d’interventions.

Les États-Unis ont systématiquement justifié leurs actions par des prétextes divers : lutte contre le communisme, guerre contre la drogue, lutte contre le terrorisme, défense de l’ordre international, sécurité, valeurs démocratiques… Ces interventions ont été menées en violation du droit international et du droit américain, entraînant des crimes de guerre, des tortures et la mort de centaines de milliers de personnes. Les États-Unis refusent de se soumettre à la Cour pénale internationale, sanctionnent ses juges et ont refusé de signer le traité établissant une juridiction mondiale pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide.

La situation actuelle au Venezuela est présentée comme une nouvelle manifestation de cette politique. La députée américaine María Elvira Salazar a publiquement déclaré qu’une intervention au Venezuela serait un « festin pour les compagnies pétrolières américaines » sur Instagram. L’ancien président Donald Trump a quant à lui affirmé que les États-Unis interviendraient au Venezuela parce que le pétrole du pays sud-américain leur aurait été « volé » sur son réseau Truth Social. Ces déclarations, bien que choquantes, révèlent une absence de dissimulation quant aux véritables motivations de cette politique.

Selon l’auteur de l’article original, Juan Torres Lopez, les États-Unis ne cherchent pas à combattre un autocrate, à démocratiser le Venezuela ou à lutter contre le trafic de drogue, mais simplement à s’approprier les richesses du pays. Il souligne que les justifications avancées sont des mensonges, contredits par des documents internes américains comme le démontre son article d’août dernier.

L’auteur conclut que le monde est confronté à une crise profonde, dominé par des individus motivés uniquement par le profit, prêts à violer toutes les lois et à détruire la démocratie. Il appelle à une condamnation ferme de ces actions et à la promotion de la paix, du dialogue et des droits de l’homme.

Source : https://juantorreslopez.com/un-crimen-mas-de-estados-unidos/

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