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Un dollar américain plus faible alors que la Fed se dirige vers la neutralité : 3 appels pour le change

La perspective d'une politique monétaire moins restrictive de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait entraîner une baisse du dollar face à l'euro et au yen, selon les prévisions d'ING. Cette évolution serait accentuée si la…

Un dollar américain plus faible alors que la Fed se dirige vers la neutralité : 3 appels pour le change

La perspective d’une politique monétaire moins restrictive de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait entraîner une baisse du dollar face à l’euro et au yen, selon les prévisions d’ING. Cette évolution serait accentuée si la Fed était contrainte d’adopter des taux d’intérêt réels négatifs ou de recourir à un nouvel assouplissement quantitatif.

Dans son scénario de référence, ING anticipe que la Fed ramènera ses taux directeurs à un niveau neutre, situé entre 3,00 % et 3,25 %. Parallèlement, la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas modifier ses taux en 2026. Cette divergence monétaire devrait réduire les coûts de couverture de change pour les investisseurs européens détenant des actifs américains. Les coûts de couverture à trois mois ont déjà diminué, passant de 2,45 % en juillet dernier à 1,85 % actuellement, et devraient continuer sur cette tendance.

L’augmentation des opérations de couverture pourrait exercer une pression supplémentaire sur le dollar, à l’instar de ce qui s’est produit en avril dernier. Les données de la BCE révèlent que, au deuxième trimestre 2025, les investisseurs de la zone euro détiendront 3 800 milliards de dollars d’actions américaines, 800 milliards de dollars de dette souveraine américaine et 1 500 milliards de dollars d’autres titres de créance américains. Les investisseurs en dette, généralement plus sensibles aux rendements, devraient être les premiers à augmenter leurs ratios de couverture en dollars l’année prochaine.

Un risque majeur pour le dollar réside dans la possibilité de taux d’intérêt réels négatifs. Les taux swaps réels à deux ans sont déjà tombés à 0,75 %, après avoir atteint un pic de 2,5 % en 2023. Si la pression politique s’intensifiait pour inciter la Fed à baisser ses taux, les taux réels pourraient redevenir négatifs, ce qui affaiblirait la devise américaine. Lors de la tentative de relance économique post-pandémie, les taux réels avaient été ramenés à -3 %, entraînant une pression généralisée sur le dollar. Un retour des taux réels dans la zone des -1 % en 2026 pourrait entraîner une baisse de 5 à 7 % de la valeur du dollar par rapport à son niveau actuel.

ING souligne également que le recours à un nouvel assouplissement quantitatif (QE) pourrait avoir un impact significatif sur le dollar. Si le Trésor américain et la Fed s’entendaient pour contrôler la courbe des rendements en imprimant de la monnaie, cela nuirait à la crédibilité du dollar et favoriserait un retour à l’environnement commercial observé après la crise financière mondiale de 2008, où la priorité était donnée à la prise de risque et à la dépréciation du dollar.

Dans un contexte où la BCE et la Banque du Japon devraient maintenir des bilans plus stables que la Fed, l’euro et le yen pourraient surperformer le dollar. Cette politique pourrait permettre à l’administration américaine d’atteindre deux objectifs simultanément : stabiliser les coûts de financement du gouvernement américain et affaiblir le dollar.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.