Home NouvellesUn dossier plaide pour l’abrogation de la nouvelle loi de l’Ohio sur la marijuana réprimant les produits à base de THC

Un dossier plaide pour l’abrogation de la nouvelle loi de l’Ohio sur la marijuana réprimant les produits à base de THC

by Nicolas Lefèvre

Un collectif de citoyens a officiellement lancé une procédure visant à abroger une loi récemment adoptée dans l’Ohio, qui encadre sévèrement la vente de boissons contenant du THC, communément appelées « boissons au chanvre enivrantes ». Cette initiative intervient après la signature, début décembre, par le gouverneur Mike DeWine d’un texte interdisant ces produits, populaires dans les bars et restaurants de l’État.

À retenir

  • Un groupe, « Ohioans for Cannabis Choice », conteste la nouvelle loi sur le chanvre enivrante par le biais d’une pétition référendaire.
  • La pétition doit recueillir près de 248 092 signatures pour déclencher un vote d’abrogation à l’échelle de l’État en novembre prochain.
  • La loi SB 56, tout en restreignant le chanvre enivrant, prévoit également la suppression de condamnations pour possession de marijuana de faible niveau et la libération de fonds fiscaux.

Contexte

La pétition référendaire, déposée lundi auprès du bureau du secrétaire d’État Frank LaRose, est portée par « Ohioans for Cannabis Choice », un groupe qui se positionne comme défenseur des milliers de petites entreprises ayant émergé dans le secteur du chanvre enivrant. « Nous disons non au SB 56 parce qu’il va trop loin et entraîne de nombreuses conséquences inattendues », a déclaré Joey Ellwood, un producteur de chanvre du comté de Tuscarawas, dans un communiqué. « Les habitants de l’Ohio s’opposent à la recriminalisation du cannabis, par exemple, en faisant de la culture de plus de six plants un délit, en pénalisant la possession d’accessoires non autorisés et en criminalisant l’achat de marijuana dans le Michigan pour la ramener chez soi. Et ce n’est que le début. Les politiciens de Columbus ne s’arrêteront pas tant que la marijuana et le chanvre ne seront pas complètement illégaux dans l’Ohio. »

La pétition porte les signatures d’Ellwood, ainsi que de Wesley Bryant, propriétaire de 420 Craft Beverages, une entreprise spécialisée dans les boissons au THC, et d’Andrew Greene Jr., de Miamisburg, membre du comité de pétitionnaires.

Le dépôt de la pétition, accompagnée d’au moins 1 000 signatures d’électeurs, est une première étape essentielle, conformément à la législation référendaire de l’État. L’objectif est d’abroger 120 des 130 pages de la loi SB 56.

Ce qui change

L’adoption du SB 56 par les Républicains, en suivant une ligne partisane stricte, marque un tournant dans la réglementation du chanvre enivrant. La nouvelle loi impose désormais que ces produits soient vendus exclusivement dans les dispensaires agréés, à l’instar de la marijuana récréative. C’est la première fois que cette industrie, née d’une interprétation de la loi fédérale de 2018 sur le chanvre industriel, est soumise à une réglementation étatique aussi stricte.

Par ailleurs, le texte crée de nouvelles infractions pénales liées à la possession de marijuana acquise légalement dans d’autres États. En contrepartie, il ouvre la voie à la suppression des condamnations pour possession de petites quantités de marijuana et à la libération de 96,5 millions de dollars (environ 89 millions d’euros) de recettes fiscales générées par les premières ventes récréatives de cannabis dans l’Ohio. Les autorités de l’État ont toutefois indiqué qu’elles ne disposaient pas, à ce stade, de la capacité juridique de distribuer ces fonds.

Avant de signer la loi, le gouverneur DeWine avait initialement opposé son veto à un article qui aurait permis aux bars et restaurants de continuer à vendre des boissons au THC jusqu’à la fin de l’année prochaine, date prévue pour une éventuelle interdiction fédérale du chanvre enivrant.

Prochaines étapes

Le dépôt de la pétition déclenche désormais deux procédures distinctes. Frank LaRose, le secrétaire d’État, devra examiner et valider les signatures des électeurs dans les dix jours à venir, en les comparant aux registres d’inscription. Il vérifiera également la conformité du texte de la pétition avec celui du SB 56.

Parallèlement, le procureur général Dave Yost examinera le titre et le résumé de la pétition pour s’assurer qu’ils reflètent fidèlement les effets du SB 56. Son analyse doit être achevée d’ici le 13 janvier, selon le site web du procureur général.

Si les autorités donnent leur feu vert, le groupe « Ohioans for Cannabis Choice » disposera alors d’un délai jusqu’en mars pour collecter les 248 092 signatures requises, dont un nombre minimum provenant de 44 des 88 comités de l’Ohio. Si cet objectif est atteint, la loi SB 56 sera suspendue en attendant un vote d’abrogation à l’échelle de l’État, prévu en novembre prochain.

Organiser une campagne référendaire réussie représente un défi financier important, nécessitant souvent le recrutement de personnel pour la collecte des signatures. L’expérience récente d’une tentative infructueuse d’abroger le projet de loi 1 du Sénat, une loi controversée sur l’enseignement supérieur, illustre les difficultés potentielles.

Chiffres clés

  • 1 000 : Nombre minimum de signatures d’électeurs requises pour lancer la procédure référendaire.
  • 248 092 : Nombre de signatures nécessaires pour qualifier la pétition pour un vote d’abrogation en novembre.
  • 96,5 millions de dollars (environ 89 millions d’euros) : Montant des recettes fiscales bloquées, potentiellement libérées par l’abrogation du SB 56.

Sources

  • Communiqué de presse d’Ohioans for Cannabis Choice.

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