Publié le 13 octobre 2025. Une nouvelle réglementation indonésienne autorisant les petites entreprises et les coopératives à exploiter des mines jusqu’à 2 500 hectares suscite de vives inquiétudes quant à son impact sur l’environnement et la durabilité du pays.
- L’Indonésie Climate Justice Literacy (ICJL) dénonce un risque d’accélération de la dégradation environnementale.
- Le gouvernement défend la mesure comme un moyen de favoriser l’autonomisation économique locale.
- Des experts mettent en garde contre le manque de capacités des petites entités pour assurer une remise en état efficace des sites miniers.
Jakarta – L’Indonésie fait face à une controverse concernant le nouveau règlement gouvernemental (PP) n° 39/2025, qui ouvre l’exploitation minière et charbonnière à un éventail plus large d’acteurs économiques. Cette nouvelle législation permet aux coopératives, aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME), ainsi qu’aux organisations communautaires, d’obtenir des permis d’exploitation minière (IUP) sur des superficies pouvant atteindre 2 500 hectares (environ 25 km²).
L’Indonésie Climate Justice Literacy (ICJL), une organisation de défense de l’environnement, s’oppose fermement à cette mesure. Selon son fondateur, Firdaus Cahyadi, cette réglementation représente une menace sérieuse pour l’environnement et pourrait exacerber la crise écologique que traverse l’Indonésie.
« Cette réglementation constitue une menace sérieuse pour l’environnement et aggravera la crise écologique de l’Indonésie. »
Firdaus Cahyadi, fondateur de l’ICJL
L’ICJL craint que l’attribution de permis miniers sur des zones aussi vastes n’entraîne une déforestation massive, une pollution des ressources en eau et une perte de biodiversité, compromettant ainsi les objectifs de développement durable du pays. L’organisation remet également en question l’argument du gouvernement selon lequel cette politique favorise l’égalité économique et l’autonomisation locale, la jugeant trompeuse et susceptible de légitimer la destruction de l’environnement.
« Le secteur minier – quel que soit celui qui l’exploite – reste l’une des industries les plus à risque pour l’environnement », a insisté Firdaus.
Le ministre des Coopératives et des PME, Ferry Juliantono, défend la nouvelle réglementation, la présentant comme conforme à l’article 33 de la Constitution indonésienne de 1945. Cet article stipule que les ressources naturelles doivent être utilisées pour le bien-être de la population, notamment par le biais des coopératives. Ferry Juliantono décrit cette politique comme l’aube d’une « nouvelle ère » de participation coopérative à la gestion des ressources nationales, élargissant les opportunités économiques au-delà des secteurs traditionnels.
Cependant, l’ICJL souligne que les activités post-minières, telles que la remise en état des terrains, la gestion du drainage minier acide et la gestion des déchets dangereux, exigent une expertise technique et des ressources humaines importantes, souvent absentes au sein des coopératives et des MPME. L’organisation met en garde contre un risque élevé d’échec de la remise en état et de pollution durable des sites.
« Le risque d’échec de la remise en état et de pollution permanente est extrêmement élevé. »
Firdaus Cahyadi, fondateur de l’ICJL
L’ICJL s’inquiète également de la possibilité que l’attribution de permis miniers sans appel d’offres ouvre la voie à l’exploitation de zones de conservation ou de terres agricoles protégées, ce qui pourrait engendrer des conflits fonciers et nuire aux communautés locales. En parallèle, le gouvernement assure qu’il prévoit de renforcer les capacités des coopératives grâce à des programmes de formation, un meilleur accès au financement et une collaboration intersectorielle.
L’ICJL reste sceptique, craignant qu’une surveillance réglementaire affaiblie ne conduise à une application fragmentée et inefficace, le grand nombre de petites entités minières rendant le contrôle difficile et créant des failles propices à des pratiques minières irresponsables.
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