Un investisseur américain a vu son rêve de fortune s’effondrer après avoir tenté de spéculer sur le nom de domaine Lambo.com. Lamborghini a obtenu gain de cause dans une bataille juridique, récupérant le site web sans débourser un centime.
L’affaire, qui s’est déroulée devant la Cour fédérale, met en lumière les risques liés à la spéculation sur les noms de domaine et les limites de la propriété intellectuelle. En 2018, l’investisseur, habitué à ce type d’opérations, avait acquis Lambo.com pour 10 000 $ (environ 9 200 €). Il misait sur la reconnaissance mondiale du terme “Lambo” comme diminutif de Lamborghini, espérant revendre le nom de domaine à la marque automobile à un prix élevé.
Pendant plusieurs années, le site est resté une page blanche, à l’exception d’une offre de vente dont le prix a grimpé en flèche. Il est passé de 1,1 million de dollars (environ 1 million d’euros) à 12 millions de dollars (environ 11,1 millions d’euros), pour finalement atteindre 75 millions de dollars (environ 69,2 millions d’euros). L’investisseur, convaincu du bien-fondé de son opération, a même adopté le pseudonyme de « Lambo » sur internet, dans l’espoir de renforcer sa position.
Cependant, cette stratégie s’est révélée contre-productive. Lorsque le prix demandé a commencé à attirer l’attention, Lamborghini a réagi. En 2022, la société italienne a saisi l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), arguant que Lambo.com faisait directement référence à sa marque et que son propriétaire cherchait à en tirer profit de manière illégale.
L’OMPI a conclu à un cas de cybersquatting, une pratique consistant à enregistrer un nom de domaine dans le but de le revendre à son propriétaire légitime à un prix exorbitant. L’organisation a souligné l’absence d’activité commerciale réelle sur le site, hormis la vente agressive du domaine, et a ordonné son transfert à Lamborghini.
L’investisseur a contesté cette décision devant la Cour fédérale, mais la juge Roslyn O. Silver a confirmé le verdict de l’OMPI dans un jugement de 15 pages. Elle a estimé que l’investisseur n’avait aucun droit sur la marque “Lambo”, que son utilisation du domaine était de mauvaise foi et que la ressemblance avec Lamborghini était trompeuse. Elle a également rejeté l’argument selon lequel l’adoption du pseudonyme « Lambo » constituerait une identité légitime.
La juge a également pointé du doigt le comportement de l’investisseur, qui avait redirigé le site vers un forum où il accusait Lamborghini de « vol » et menaçait de « défendre, tabasser et humilier » la marque. Elle a qualifié l’estimation de 75 millions de dollars de « pur fantasme ».
En conséquence, Lamborghini a récupéré Lambo.com sans frais, hormis les coûts juridiques. L’investisseur a perdu son investissement initial de 10 000 $, le nom de domaine et des dizaines de milliers de dollars en frais juridiques.
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