Publié le 8 janvier 2024 16:15:00. Le magnat chinois Chen Zhi, soupçonné de fraude à grande échelle, a été extradé vers la Chine depuis le Cambodge. Cette expulsion intervient après des accusations américaines et la liquidation de sa banque, Prince Bank, au Cambodge.
- Chen Zhi, accusé de fraude massive, a été extradé vers la Chine depuis le Cambodge.
- La banque Prince Bank, fondée par Chen Zhi, a été placée en liquidation par les autorités cambodgiennes.
- Le conglomérat de Chen Zhi, Prince Holding Group, est soupçonné par Washington d’être une façade pour une organisation criminelle transnationale.
L’extradition de Chen Zhi, confirmée jeudi par le ministère chinois de la Sécurité publique, marque un tournant dans cette affaire de fraude présumée de plusieurs millions de dollars. Les États-Unis l’avaient inculpé en octobre, l’accusant de diriger des opérations criminelles impliquant des camps de travail forcé au Cambodge. Cette affaire a également eu des répercussions sur l’industrie du tabac en Amérique latine.
Prince Holding Group, l’un des plus importants conglomérats du Cambodge, est au cœur des soupçons. Selon les autorités américaines, il aurait servi de couverture à une vaste organisation criminelle. Le groupe est notamment le principal actionnaire d’Allied Cigar Corporation, maison mère de la société espagnole Tabacalera, qui contrôle à son tour des géants de la production de cigares comme Tabacalera de García (République dominicaine) et Habanos (Cuba), en partenariat avec Cubatabaco.
Les autorités cambodgiennes ont annoncé mercredi soir l’arrestation et l’extradition de Chen Zhi vers la Chine. La Banque centrale du Cambodge a par ailleurs indiqué que les clients de Prince Bank Plc., désormais en liquidation « conformément aux lois du Royaume du Cambodge », peuvent « retirer leur argent normalement ».
Depuis 2015, le groupe Prince s’est étendu à plus de 30 pays, opérant dans les secteurs de l’immobilier, des services financiers et de la consommation. Le Cambodge est connu pour abriter de nombreux centres d’escroquerie en ligne, où des milliers de personnes sont impliquées, parfois volontairement, parfois victimes de trafic.
Pékin a annoncé son intention de lancer des mandats d’arrêt contre les membres du « cercle restreint » du réseau criminel de Chen Zhi. La Chine a déjà prononcé des peines de mort dans des affaires de cyberescroquerie, notamment l’année dernière contre une douzaine de personnes opérant depuis la Birmanie.
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