Mise à jour le 3 janvier 2026 à 06h00 : Une nouvelle intelligence artificielle promet de révolutionner le dépistage des maladies cardiovasculaires chez les femmes, en analysant directement les mammographies. Cette avancée pourrait permettre une détection plus précoce et réduire les inégalités d’accès au diagnostic.
- Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès chez les femmes dans le monde, avec environ 9 millions de morts chaque année.
- Un modèle d’apprentissage automatique analyse les mammographies pour prédire le risque cardiaque féminin, sans nécessiter d’examens complémentaires.
- Cette approche combinée, associant dépistage du cancer du sein et évaluation du risque cardiovasculaire, pourrait optimiser les ressources et améliorer la santé des femmes.
Les maladies cardiovasculaires continuent de représenter un défi majeur de santé publique, particulièrement chez les femmes. Bien qu’elles soient responsables d’environ 9 millions de décès annuels à travers le monde, les symptômes et les facteurs de risque sont souvent moins bien reconnus chez les patientes que chez les hommes. Cette sous-estimation conduit fréquemment à un retard dans le diagnostic et la prise en charge. De plus, de nombreuses femmes ne bénéficient pas d’une évaluation régulière de leur risque cardiovasculaire, ce qui complique la détection précoce.
Des recherches récentes menées par des scientifiques ont permis de développer un outil prometteur : un nouveau modèle d’apprentissage automatique capable de prédire le risque de maladie cardiaque chez les femmes en analysant les images de mammographie. L’équipe du George Institute for Global Health (Sydney, Australie), en collaboration avec l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (Sydney, Australie), a mis au point un algorithme d’apprentissage profond qui identifie des marqueurs de risque cardiovasculaire directement sur les mammographies.
Contrairement aux méthodes traditionnelles qui nécessitent un ensemble important de données cliniques – tension artérielle, taux de cholestérol, antécédents familiaux – ce modèle innovant se base uniquement sur les caractéristiques radiologiques de la mammographie et l’âge de la patiente. Cette approche « deux en un » permet d’optimiser l’utilisation des ressources médicales en combinant deux examens de dépistage essentiels.
« Il existe une idée reçue selon laquelle les maladies cardiovasculaires touchent principalement les hommes, ce qui entraîne un sous-diagnostic et un sous-traitement chez les femmes », explique la professeure Clare Arnott, directrice mondiale du programme cardiovasculaire au George Institute for Global Health.
Clare Arnott, directrice mondiale du programme cardiovasculaire au George Institute for Global Health
Le développement de ce modèle a été réalisé à partir de l’analyse de plus de 49 000 mammographies de femmes vivant en zones urbaines et rurales d’Australie. Ces données ont été croisées avec les dossiers hospitaliers et les registres de décès. Les performances du modèle ont ensuite été comparées à celles des calculateurs de risque cardiovasculaire classiques. Les résultats, publiés dans la revue Heart, démontrent que le nouveau modèle atteint une précision comparable sans nécessiter d’informations médicales supplémentaires.
Cet outil présente un avantage significatif par rapport aux méthodes antérieures, notamment celles qui se concentrent uniquement sur la calcification artérielle mammaire (CAM), un indicateur moins fiable chez les femmes âgées. En analysant un éventail plus large de caractéristiques mammographiques, il offre une meilleure capacité prédictive dans différentes populations. Il pourrait également faciliter l’évaluation des risques dans les zones rurales ou les régions disposant de moins de ressources, où les unités mobiles de mammographie offrent déjà un accès gratuit à cet examen de dépistage.
Les chercheurs prévoient désormais d’évaluer le modèle sur des cohortes plus importantes et plus diversifiées afin de confirmer sa validité à l’échelle internationale. Si les résultats sont confirmés, ce système pourrait contribuer à réduire les inégalités entre les sexes en matière de dépistage cardiovasculaire et offrir aux femmes un accès plus équitable aux outils de diagnostic précoce. L’objectif à long terme est d’intégrer de manière transparente la prédiction du risque cardiaque dans les programmes de mammographie existants à travers le monde.
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