Publié le 24 décembre 2025 à 22h09. Cuba reçoit un troisième navire transportant du pétrole brut russe en moins d’une semaine, dans un contexte de crise énergétique aiguë marquée par des coupures d’électricité massives et prolongées.
- Un pétrolier russe, le Jasper, a accosté sur la côte nord-ouest de Cuba avec 330 000 barils de pétrole brut.
- Cette livraison intervient après deux envois de pétrole du Mexique, alors que l’île subit des pannes d’électricité pouvant dépasser 20 heures par jour.
- Cuba dépend fortement des importations de pétrole, notamment pour alimenter ses centrales électriques, et est confrontée à une pénurie de devises pour financer ces achats.
L’arrivée du pétrolier Jasper, qui navigue sous pavillon du Vanuatu, représente un soutien crucial pour Cuba, confrontée à une crise énergétique de plus en plus sévère. Selon les données de l’Institut de l’énergie de l’Université du Texas, fournies mercredi à l’agence EFE, le navire, qui a quitté la mer Noire vers le 14 novembre 2025, est entièrement chargé d’environ 330 000 barils de pétrole (environ 1 500 m³). Le Jasper, sanctionné par l’Union européenne et le Royaume-Uni, se trouvait à 15,7 milles marins (environ 29 kilomètres) au nord de la baie de Matanzas, dans l’ouest de Cuba.
La situation énergétique cubaine s’est considérablement détériorée depuis mi-2024, en raison de la défaillance fréquente de ses centrales électriques vieillissantes et du manque de ressources financières pour acquérir le combustible nécessaire. Le système électrique national a connu cinq effondrements complets et de nombreux effondrements partiels en seulement douze mois. L’Office national des statistiques et de l’information de Cuba indique que 60 % du carburant consommé sur l’île est importé, dont 65 % sont destinés à alimenter les centrales thermoélectriques.
Ces livraisons de pétrole russe pourraient atténuer, bien que partiellement, le déficit quotidien de pétrole brut de Cuba, estimé à environ 110 000 barils. L’île produit localement environ 40 000 barils par jour. Des études indépendantes suggèrent que la moitié des besoins en carburant de Cuba est actuellement satisfaite par des importations de pétrole brut du Venezuela, du Mexique et, dans une moindre mesure, de la Russie.
Cependant, la situation a été exacerbée par le déploiement naval américain au large des côtes vénézuéliennes et la diminution des livraisons de pétrole en provenance du Mexique, qui sont passées d’une moyenne de 22 000 à 25 000 barils par jour à environ 5 000. L’annonce par l’ancien président américain Donald Trump d’un blocus naval visant les pétroliers de la flotte fantôme sanctionnée pourrait encore aggraver la situation à La Havane.
