Publié le 13 janvier 2024 14:35:00. Des chercheurs de l’Université de Bâle ont mis au point une nouvelle méthode d’analyse permettant de mieux comprendre comment les bactéries survivent aux antibiotiques, révélant que certaines peuvent simplement « attendre » la fin du traitement pour se réactiver. Cette avancée pourrait révolutionner le développement de nouveaux médicaments et l’adaptation des thérapies aux patients.
- Une nouvelle technique, le « Test antimicrobien sur cellule unique », permet de suivre le sort de chaque bactérie individuellement.
- L’étude a révélé que les tests actuels ne mesurent que l’arrêt de la croissance bactérienne, et non leur élimination complète.
- Les résultats de ce test correspondent aux observations faites lors d’études cliniques et sur des modèles animaux.
Les bactéries ne sont pas toujours tuées par les antibiotiques, même si elles cessent de se multiplier. Une équipe de recherche de l’Université de Bâle et de l’Hôpital universitaire de Bâle a découvert que certaines bactéries peuvent survivre à un traitement antibiotique en entrant dans un état de dormance, une sorte de « veille » en attendant que le danger passe. Une fois le traitement terminé, elles peuvent redevenir actives et reprendre leur croissance.
Jusqu’à présent, les tests de laboratoire se concentraient principalement sur la capacité d’un antibiotique à inhiber la croissance bactérienne. Or, cette approche ne permet pas de déterminer si le médicament élimine réellement les bactéries. Cette lacune est désormais comblée grâce à une nouvelle procédure développée par les chercheurs bâlois.
Cette nouvelle méthode, baptisée « Test antimicrobien sur cellule unique », repose sur l’observation microscopique de millions de bactéries individuelles, soumises à des milliers de conditions différentes sur plusieurs jours. Comme l’expliquent les chercheurs dans la revue Nature Microbiology, cette approche permet de suivre le devenir de chaque bactérie de manière précise.
L’efficacité de cette technique a été validée sur des agents pathogènes responsables de la tuberculose, ainsi que sur des échantillons bactériens prélevés auprès de 400 patients atteints d’une autre infection pulmonaire. Les résultats ont mis en évidence des différences significatives dans l’efficacité des différentes thérapies et dans la résistance des souches bactériennes.
« Plus les bactéries tolèrent un antibiotique, plus les chances de succès du traitement pour les patients sont faibles. »
Lucas Boeck, responsable de l’étude
Pour l’heure, ce test reste un outil de recherche. Cependant, les chercheurs sont convaincus qu’il pourrait à terme permettre d’adapter les traitements antibiotiques de manière personnalisée, en fonction des caractéristiques des souches bactériennes infectant chaque patient. Il pourrait également accélérer le développement de nouveaux médicaments plus efficaces contre les bactéries résistantes.
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