Publié le 15 janvier 2026 à 09h11. Les manifestations en Iran, déclenchées par la crise économique, dégénèrent en une répression sanglante selon une professeure iranienne basée en Irlande, qui dénonce un « massacre » de manifestants pacifiques.
- Plus de 2 400 manifestants et 147 membres des forces de l’ordre auraient perdu la vie dans les troubles, selon le groupe de défense des droits humains HRANA.
- Les autorités iraniennes reconnaissent désormais la mort d’environ 2 000 personnes, après deux semaines de répression à l’échelle nationale.
- Une professeure iranienne témoigne de l’utilisation de balles réelles contre des manifestants et de la censure imposée par le régime.
Les manifestations qui secouent l’Iran depuis quinze jours, initialement motivées par la détérioration de la situation économique, ont pris une tournure particulièrement violente. Le Dr Mastoureh Fathi, professeure à l’University College Cork en Irlande, décrit la situation comme un « massacre », s’exprimant sur la radio RTÉ.
Selon elle, les forces de l’ordre utilisent des armes à feu contre des « manifestants pacifiques ». « Ils ont ouvert le feu sur des manifestants pacifiques qui se trouvaient dans la rue », a-t-elle déclaré. Elle ajoute que ses contacts avec sa famille et ses amis en Iran ont été coupés depuis la semaine dernière, ce qui alimente son inquiétude.
Le Dr Fathi explique que la colère populaire est alimentée par une inflation galopante, mais que les revendications vont bien au-delà. « Le peuple iranien veut un changement de régime », affirme-t-elle, « ils en ont marre et sont fatigués de la situation dans le pays ». Elle souligne que des décennies de sanctions internationales ont fragilisé l’économie iranienne, laissant une grande partie de la population sans ressources pour satisfaire ses besoins essentiels.
Le groupe de défense des droits humains HRANA, basé aux États-Unis, a recensé jusqu’à présent la mort de 2 403 manifestants et de 147 personnes affiliées au gouvernement. Les défenseurs des droits de l’homme estiment que ce bilan pourrait être considérablement plus élevé, en raison des coupures d’Internet qui entravent la vérification des informations.
Mardi, un responsable iranien a reconnu la mort d’environ 2 000 personnes lors des manifestations, marquant la première reconnaissance officielle de l’ampleur de la répression.
Le Dr Fathi dénonce également une censure accrue. Les autorités coupent les communications et démantèlent les antennes paraboliques pour empêcher la population d’accéder à des informations sur les manifestations et la répression. Elle témoigne également de scènes macabres : « Nous avons des témoignages, par le biais d’enregistrements vocaux, selon lesquels ils sont même descendus dans les rues, dans de petites ruelles, et ont tué tous ceux qui se trouvaient juste à l’extérieur, devant leurs propres maisons. »
Elle ajoute que de nombreuses familles ignorent où se trouvent les corps de leurs proches, qui sont transportés vers des lieux inconnus. Le régime exigerait même jusqu’à 3 000 euros par corps pour le restituer aux familles, selon ses dires. « Ce à quoi nous assistons n’est littéralement pas seulement un massacre, mais un massacre combiné à un manque absolu de moralité, même par rapport à un cadavre qui n’est pas rendu aux membres de sa famille », déplore-t-elle.
Dans un contexte régional tendu, un haut responsable iranien a mis en garde contre une éventuelle frappe américaine, menaçant de riposter en attaquant les bases militaires américaines dans la région. Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir ce jour même pour discuter de la situation en Iran, à la demande des États-Unis.


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