Publié le 6 novembre 2024. Une nouvelle charte mondiale vise à réduire les inégalités dans la prise en charge du cancer du sein avancé (CBA) et à améliorer la qualité de vie des patientes, après une décennie de progrès scientifiques inégaux à travers le monde.
- Le taux de survie global médian à cinq ans pour les femmes atteintes de CBA est passé de 26 % à 33 % en dix ans, mais reste insuffisant, notamment pour le CBA triple négatif.
- Des disparités importantes persistent dans l’accès aux traitements innovants, avec seulement 51 % des pays à revenu intermédiaire faible offrant le trastuzumab, un traitement essentiel pour le CBA HER2+.
- Plus de la moitié des patientes (55 %) n’ont jamais bénéficié de services de soutien psychologique ou social.
L’Alliance mondiale contre le cancer du sein (ABC Global Alliance) a lancé aujourd’hui un rapport mondial évaluant les progrès réalisés dans la lutte contre le cancer du sein avancé (CBA) au cours de la dernière décennie (2015-2025). Si des avancées scientifiques notables ont transformé les soins pour certaines patientes dans certains pays, de nombreuses autres femmes à travers le monde n’en ont pas encore bénéficié, soulignant des inégalités profondes et persistantes.
Le rapport, intitulé « La connaissance en mouvement », met en évidence le besoin urgent de traduire les données probantes et les innovations des dix dernières années en actions concrètes pour améliorer la vie de toutes les personnes atteintes de CBA, quel que soit leur lieu de résidence, le sous-type de leur cancer ou leur situation socio-économique. Parallèlement, l’Alliance a dévoilé la Charte mondiale CBA 2025-2035, une feuille de route ambitieuse pour les dix prochaines années, présentée lors de la huitième conférence de consensus internationale sur le cancer du sein avancé (ABC8). Le rapport et la charte ont été publiés simultanément dans la revue The Breast.
Au cours de la dernière décennie, des progrès significatifs ont été réalisés dans la compréhension et le traitement du CBA. L’idée que le CBA est une condamnation inéluctable et que les investissements dans la recherche sont vains a été réfutée. Des premières lignes directrices internationales consensuelles pour la prise en charge du CBA ont été mises en œuvre dans plusieurs régions. De plus, de nouvelles méthodes de collecte et d’analyse de données ont permis d’estimer la prévalence du CBA dans des pays comme l’Australie et l’Irlande du Nord. Enfin, la qualité de vie, la stigmatisation, les droits au travail et le soutien psychologique sont désormais davantage pris en compte dans les politiques de santé.
Cependant, ces progrès sont inégalement répartis. La survie globale médiane pour le CBA triple négatif n’a augmenté que de moins de trois mois au cours de la dernière décennie, atteignant seulement 13 mois. L’accès aux thérapies biologiques ou ciblées reste limité, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. De plus, plus de la moitié des patientes n’ont pas accès à des services de soutien essentiels. Enfin, aucun pays n’a encore mis en place un cadre juridique complet pour protéger les droits des patientes atteintes de CBA et de leurs proches aidants.
« Ce rapport montre ce qu’une décennie d’action collective peut accomplir, prouvant que le progrès n’est pas théorique : il transforme des vies. Pourtant, le progrès n’est pas synonyme d’équité. Notre défi et notre engagement sont de combler les écarts en matière de soins du CBA au sein et entre les pays. »
Dr Fatima Cardoso, oncologue médical et présidente de l’ABC Global Alliance
Une enquête mondiale menée en 2024 auprès de 1 254 patientes atteintes de CBA dans 59 pays et de 461 professionnels de santé dans 78 pays révèle le lourd fardeau de la maladie. 79 % des patientes déclarent que le CBA a un impact négatif sur leur bien-être émotionnel et psychologique, tandis que seulement 53 % des professionnels de santé orientent régulièrement leurs patientes vers des services de soutien psychologique. De plus, 79 % des patientes n’ont jamais participé à un essai clinique, et 60 % signalent que le CBA a un impact négatif sur leur sécurité financière.
La stigmatisation et l’isolement restent également des problèmes majeurs, près de la moitié des patientes (47 %) estimant que les autres ne comprennent pas leur situation. Enfin, 73 % des patientes déclarent que la maladie affecte négativement leur capacité à travailler ou à étudier, souvent sans bénéficier d’un soutien adéquat ou d’un accompagnement au retour à l’emploi.
La nouvelle Charte mondiale CBA 2025-2035 fixe dix objectifs ambitieux pour la prochaine décennie, notamment l’amélioration de la survie, l’optimisation des soins grâce à la collecte de données de qualité, l’amélioration de la qualité de vie, l’accès à une équipe multidisciplinaire spécialisée, l’amélioration de la communication entre les professionnels de santé et les patientes, la réponse aux besoins d’information, l’accès à des services de soutien complets, la réduction de la stigmatisation, l’amélioration de l’accès aux soins et la protection des droits des patientes, y compris le droit au travail.
Pour plus d’informations sur la Charte mondiale CBA 2025-2035, consultez le site web de l’Alliance mondiale contre le cancer du sein.
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