Publié le 8 décembre 2025 à 13h28. Des ingénieurs du MIT ont mis au point un microrobot volant capable d’effectuer des manœuvres acrobatiques complexes, se rapprochant ainsi des performances de vol des insectes et ouvrant la voie à de nouvelles applications dans des environnements difficiles d’accès.
- Ce microrobot, de la taille d’un gros insecte, peut réaliser dix sauts périlleux en onze secondes et maintenir sa trajectoire avec une précision remarquable.
- L’amélioration significative de ses performances repose sur une intelligence artificielle combinée, capable d’anticiper et de corriger ses mouvements en temps réel.
- Cette technologie pourrait être utilisée pour des missions de sauvetage, d’inspection ou de surveillance dans des zones dangereuses ou inaccessibles.
Jusqu’à récemment, les microrobots aériens étaient limités par leur manque d’agilité et de stabilité. Ils pouvaient décoller, mais leur vol restait lent et prévisible, loin des capacités acrobatiques des insectes. L’équipe de Kevin Chen, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a travaillé pendant des années à surmonter ces obstacles, en se concentrant sur l’amélioration des matériaux souples et de la conception des ailes pour optimiser la poussée. La clé du succès réside désormais dans un nouveau système de contrôle basé sur l’intelligence artificielle.
Ce nouveau système combine un planificateur prédictif avec un modèle léger entraîné par imitation. Grâce à cette architecture, le robot peut anticiper ses mouvements, les corriger en quelques millisecondes et maintenir une trajectoire précise, même en présence de turbulences. Les résultats sont impressionnants : une augmentation de 447 % de la vitesse, 255 % de l’accélération et une précision de seulement quatre à cinq centimètres par rapport à la trajectoire prévue. Ce microrobot affiche désormais des réflexes comparables à ceux d’un insecte.
L’intelligence artificielle joue un rôle crucial dans cette avancée. Le système est divisé en deux niveaux : un contrôleur prédictif qui calcule des manœuvres complexes, telles que des retournements continus ou des virages serrés, et un réseau neuronal entraîné par apprentissage par imitation. Ce réseau neuronal, plus léger et plus rapide, traduit les plans du contrôleur prédictif en actions exécutables en temps réel. Il s’agit en quelque sorte de distiller l’intelligence d’un système complexe dans un modèle compact, capable de fonctionner à bord de ce minuscule robot.
Cette combinaison permet au microrobot de réagir instantanément dans des environnements chaotiques. Lors de tests, il a maintenu des manœuvres précises même avec des turbulences dépassant 1 mètre par seconde, un défi considérable à cette échelle. Les chercheurs ont également observé que le robot est capable d’effectuer des mouvements de « saccade », de petits changements brusques d’orientation que les bourdons et les abeilles utilisent pour fixer des références visuelles pendant le vol. Ce comportement émergent, non programmé explicitement, témoigne de l’efficacité du biomimétisme.
Les applications potentielles de cette technologie sont vastes. Grâce à sa petite taille et à sa précision, ce microrobot pourrait intervenir dans des situations où un drone classique serait inefficace : espaces confinés après un tremblement de terre, structures dangereuses à l’intérieur de bâtiments endommagés, fissures sous les décombres ou zones contaminées. Le MIT envisage également des applications dans l’inspection d’éoliennes ou de panneaux solaires, la cartographie de zones forestières pour la détection précoce d’incendies, ou la surveillance de la biodiversité sans perturber les espèces sensibles. Son empreinte écologique est minime, car il ne nécessite pas de grandes infrastructures, ne déplace pas l’air comme les drones classiques et consomme une fraction de leur énergie.
Les prochaines étapes consisteront à intégrer des caméras et des capteurs pour permettre des vols autonomes en extérieur, sans dépendre des systèmes de capture de mouvement. À plus long terme, les chercheurs souhaitent étudier la possibilité de coordonner plusieurs robots pour qu’ils volent en groupe sans risque de collision. Ce microrobot n’affrontera peut-être jamais un véritable bourdon, mais il a déjà démontré qu’il pouvait voler comme tel, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour la robotique aérienne.
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