Publié le 23 décembre 2025 à 01h19. Les marchés émergents, regroupés sous l’acronyme BRICS, suscitent l’intérêt des investisseurs, mais leur classification et leur évolution sont complexes, tout comme l’avenir de l’intelligence artificielle et son impact potentiel sur les marchés.
- Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sont-ils réellement les moteurs des marchés émergents, et comment ces pays sont-ils reclassés ?
- La classification des pays en « émergents » n’est pas figée : certains pays peuvent « obtenir leur diplôme » et quitter cette catégorie, tandis que d’autres peuvent être rétrogradés.
- L’engouement actuel pour l’intelligence artificielle est-il justifié, ou s’agit-il d’une bulle spéculative ?
L’acronyme BRICS, initialement utilisé pour désigner le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, est né en 2001 de l’idée d’un analyste de regrouper ces quatre économies à forte croissance. L’initiative, d’abord informelle, a rapidement gagné en popularité dans les milieux financiers de Wall Street. En 2009, les pays concernés ont décidé d’organiser un sommet, auquel l’Afrique du Sud a été invitée l’année suivante, donnant ainsi naissance aux BRICS. Depuis, d’autres économies émergentes et frontières ont rejoint le groupe, mais la question de savoir si les BRICS constituent réellement des acteurs clés des marchés émergents reste ouverte, compte tenu de leurs stades de développement, de leurs systèmes politiques et de leurs trajectoires économiques divergents.
La notion même de « marché émergent » implique une dynamique de changement. Mais à quelle fréquence un pays peut-il être reclassé ? Il n’existe pas de calendrier précis, et ces reclassifications sont relativement rares. Le dernier pays à avoir été promu était Israël, en 2010. MSCI, l’agence de notation de référence en matière de classification des marchés, prend en compte plusieurs critères, tels que l’accès au marché, la liquidité, la taille, la réglementation, ainsi que la maturité globale des marchés de capitaux. La Corée du Sud est régulièrement citée comme un pays sur le point de quitter la catégorie des marchés émergents, mais elle doit encore progresser en matière d’accessibilité. Plus récemment, on observe une tendance à la promotion de pays frontières vers le statut de marché émergent, comme ce fut le cas pour l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ces dernières années.
Il est important de noter que cette classification n’est pas définitive. La Grèce, par exemple, a été rétrogradée de pays développé à pays émergent lors de la crise de la dette de la dernière décennie, une situation que certains ont ironiquement qualifiée de « marché submergé ». L’Argentine, quant à elle, a oscillé entre les catégories émergente et frontière, et se trouve actuellement dans une situation particulière, reflétant les difficultés économiques spécifiques auxquelles elle est confrontée.
Par ailleurs, les experts s’interrogent sur l’avenir de l’intelligence artificielle (IA). Ken Fisher, fondateur et président exécutif de Fisher Investments, a exprimé des réserves quant à un engouement excessif pour ce secteur. Cependant, l’entreprise préfère ne pas commenter les prévisions individuelles du marché, estimant que chaque analyse est une opinion susceptible d’être à la fois juste et erronée. Ce qui intéresse davantage les analystes, c’est la réaction générale du marché face à ces prédictions : sont-elles accueillies avec scepticisme, ou au contraire avec enthousiasme ?
Actuellement, l’idée que l’IA se trouve dans une bulle spéculative est largement répandue et ne suscite pas de contestation majeure. Cette popularité du point de vue critique incite Fisher Investments à se concentrer sur les aspects potentiellement négligés par les investisseurs, que ce soit dans le domaine de l’IA lui-même ou dans d’autres secteurs économiques. L’entreprise étudie ainsi les perspectives pour 2026, en tenant compte de ces éléments.
En ce qui concerne l’évolution des marchés, il n’existe pas de norme industrielle pour mesurer son ampleur. Certains analystes utilisent le pourcentage d’entreprises en hausse par rapport à celles en baisse sur une période donnée, tandis que d’autres se basent sur la ligne avance/déclin quotidienne. Fisher Investments privilégie l’analyse du pourcentage de composants d’un indice qui ont surperformé l’indice lui-même au cours des 12 derniers mois. Ce chiffre est actuellement limité, mais il est considéré comme un indicateur intéressant d’un marché haussier arrivant à maturité.
Enfin, concernant l’impact de l’élection du nouveau maire de New York sur les marchés financiers, la réponse est non. La réglementation des valeurs mobilières est de compétence nationale, et non locale. De plus, les sièges sociaux des entreprises sont dispersés à travers le pays, ce qui rend les politiques municipales peu pertinentes. Bien que la politique new-yorkaise attire l’attention des médias nationaux, il s’agit davantage d’un biais géographique que d’un facteur déterminant pour les marchés. L’histoire confirme cette observation : le dernier maire de New York à avoir accédé à une fonction supérieure fut John T. Hoffman en 1869, qui devint ensuite gouverneur de l’État de New York. « Mayors of Big Cities With Big Dreams », Sewell Chan, The New York Times, 06/02/2007.
En ce qui concerne les taux hypothécaires, la comparaison entre l’Europe et les États-Unis est délicate. L’hypothèque à taux fixe sur 30 ans est une spécificité américaine. En Europe, la plupart des prêts hypothécaires sont à taux fixe pendant une période limitée (généralement deux ou cinq ans), puis à taux variable pour le reste de la durée. Par conséquent, les hausses de taux d’intérêt des banques centrales ont un impact plus direct sur les budgets des ménages européens qu’aux États-Unis. Ce facteur est pris en compte lors de l’évaluation des fondamentaux économiques mondiaux, bien qu’il ne soit pas toujours décisif.
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