L’impasse politique actuelle aux États-Unis, conjuguée à une économie incertaine, suscite une inquiétude croissante parmi les Américains, qui expriment leur mécontentement face à la gestion de la crise par l’ensemble de la classe politique. L’impact potentiel de cette situation sur leur propre situation financière est une source d’anxiété majeure.
Selon un récent sondage CBS News/YouGov réalisé du 29 au 31 octobre 2025 auprès de 2 124 adultes américains, la majorité des personnes interrogées estime que ni le Congrès, ni l’administration Trump ne font preuve d’efforts réels pour résoudre la crise. Les préoccupations économiques dominent, en particulier chez les électeurs démocrates, qui s’inquiètent davantage que les républicains des conséquences de la situation sur l’économie et sur leurs finances personnelles.
L’incertitude économique générale, déjà présente depuis plusieurs années, est exacerbée par la fermeture administrative. Les prix continuent d’augmenter, un facteur que les Américains ressentent plus vivement que les fluctuations de l’inflation. Peu s’attendent à une baisse des prix dans les mois à venir, et ceux qui anticipent une nouvelle hausse sont particulièrement préoccupés par les effets économiques de la crise actuelle.
Au-delà de la fermeture, les inquiétudes portent également sur l’avenir du marché du travail, notamment en raison des investissements croissants dans l’intelligence artificielle et des craintes de suppressions d’emplois. Les tarifs douaniers continuent également de susciter des critiques.
Politiquement, la situation est complexe. Bien que les bases des deux partis soutiennent majoritairement leurs représentants au Congrès, le soutien à la délégation républicaine est plus solide. Les démocrates qui désapprouvent ou ne sont pas certains quant à la gestion de la crise par leur parti sont moins susceptibles de suivre l’actualité de près. De plus, les démocrates qui approuvent la gestion de la crise sont plus susceptibles de se considérer dans une situation financière stable, ce qui pourrait expliquer leur moindre inquiétude.
Un an après son élection, Donald Trump est perçu par la majorité des Américains comme étant en train de tenir ses promesses de campagne, même si certains estiment que son approche diffère de ce qu’ils attendaient. Sur le plan politique, les positions de Trump et des républicains en matière d’économie et d’immigration sont actuellement plus populaires que celles des démocrates.
À l’approche des élections de mi-mandat, la question de l’influence de Donald Trump sur les futurs scrutins reste centrale. Les démocrates doivent également réfléchir à la nécessité d’adapter leur stratégie politique pour rester compétitifs. Les élections locales de cette semaine, notamment la course à la mairie de New York, sont scrutées de près à cet égard.
Interrogés sur l’orientation économique de leur parti, la plupart des démocrates souhaitent un mélange de socialisme et de capitalisme, plutôt qu’une approche exclusivement axée sur l’un ou l’autre système. Par ailleurs, le projet de redécoupage électoral en Californie et les débats sur le redessin des circonscriptions dans d’autres États suscitent peu d’enthousiasme auprès du public, qui préférerait que les lignes actuelles restent inchangées jusqu’en 2030 ou que des districts plus compétitifs soient créés.
L’ensemble de ces facteurs pèsent sur l’indice d’approbation de Donald Trump, en particulier en ce qui concerne l’inflation et l’économie. Son approbation globale a atteint son plus bas niveau depuis le début de son mandat. Cependant, il obtient des notes plus favorables en matière d’immigration, grâce au soutien ferme de son parti et à la perception d’une réduction des passages aux frontières. L’accord de paix négocié entre Israël et le Hamas lui a également valu une appréciation positive, notamment auprès des indépendants et des démocrates.
Globalement, l’indice d’approbation de Donald Trump a légèrement diminué d’un point depuis début octobre, mais reste stable autour de 40%, un niveau qu’il occupe généralement depuis le milieu de l’été.
La marge d’erreur de ce sondage est de ±2,6 points.
Pour aller plus loin
