Publié le 15 janvier 2026. Un soutien nutritionnel personnalisé pourrait améliorer la tolérance à la chimiothérapie et prolonger l’efficacité du traitement chez les patients atteints d’un cancer gastrique avancé, selon des résultats présentés lors du symposium ASCO 2026 sur les cancers gastro-intestinaux.
- Le soutien nutritionnel s’est avéré particulièrement bénéfique pour les patients présentant de faibles taux d’albumine.
- Une intervention nutritionnelle ciblée pourrait être une stratégie pragmatique pour maintenir l’administration du traitement.
- L’étude, menée sur 324 patients, a suivi les participants pendant une durée médiane de 54,2 mois.
La malnutrition est un problème fréquent chez les patients atteints d’un cancer de l’estomac ou de la jonction gastro-œsophagienne, et peut compromettre leur capacité à tolérer la chimiothérapie. Une équipe de chercheurs japonais a étudié l’impact d’un soutien nutritionnel spécialisé sur la durée pendant laquelle les patients pouvaient continuer à recevoir un traitement efficace.
L’étude, menée au centre médical NHO Nagoya entre 2007 et 2024, a porté sur 324 patients atteints d’un cancer gastrique avancé ou récurrent qui débutaient une chimiothérapie de première intention. Parmi eux, 76 (23 %) ont bénéficié d’un soutien nutritionnel personnalisé dispensé par une équipe spécialisée. Ces interventions étaient plus fréquemment proposées aux patients présentant un mauvais état nutritionnel ou des niveaux d’inflammation élevés.
Après appariement de patients présentant des caractéristiques similaires (46 paires), la survie globale médiane était de 16,6 mois pour ceux ayant reçu un soutien nutritionnel, contre 12 mois pour les soins standards. Le délai médian jusqu’à l’échec du traitement était de cinq mois pour le groupe bénéficiant du soutien nutritionnel, contre 4,6 mois pour le groupe témoin. Bien que ces différences soient notables, elles n’ont pas atteint la significativité statistique.
Cependant, chez les patients présentant de faibles taux d’albumine, le soutien nutritionnel a été associé à un délai significativement plus long jusqu’à l’échec du traitement (cinq mois contre 3,7 mois). De manière générale, l’analyse a révélé que le soutien nutritionnel prédisait indépendamment un délai plus long jusqu’à l’échec du traitement pour l’ensemble des patients.
Les chercheurs ont constaté que le soutien nutritionnel n’apportait pas d’avantage significatif en termes de survie globale pour l’ensemble de la population étudiée. Néanmoins, il a contribué à maintenir la chimiothérapie chez les patients souffrant d’hypoalbuminémie, une condition souvent liée à la malnutrition.
« Ces résultats suggèrent qu’une intervention nutritionnelle ciblée pour les patients à haut risque peut représenter une stratégie pragmatique pour préserver la délivrance du traitement et potentiellement améliorer les résultats. »
Dr Keiji Sugiyama et collègues
Le soutien nutritionnel consistait en un plan personnalisé élaboré par un diététicien. L’équipe évaluait initialement les besoins énergétiques de chaque patient, en visant une consommation de 25 à 30 calories par kilogramme de poids corporel et par jour. L’analyse des habitudes alimentaires des 24 heures précédentes, des variations de poids, des symptômes liés à la nutrition et des marqueurs de laboratoire permettait d’affiner ce plan.
Le diététicien créait ensuite un plan de repas individualisé et fournissait des suppléments alimentaires ainsi que des recettes pour aider les patients à atteindre leurs objectifs nutritionnels. Un suivi régulier, incluant l’évaluation de l’apport alimentaire, des résultats de laboratoire, du poids et des symptômes liés à la nutrition, permettait d’ajuster le plan en fonction des besoins de chaque patient.
Les résultats de cette étude ont été présentés lors du Symposium ASCO 2026 sur les cancers gastro-intestinaux.
Référence
- « Bénéfice du soutien nutritionnel sur la survie chez les patients atteints d’un cancer gastrique avancé recevant une chimiothérapie : une étude correspondant au score de propension » par le Dr Keiji Sugiyama et al., résumé 354, symposium 2026 sur les cancers gastro-intestinaux de l’ASCO.
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