Home SantéUn test sanguin pourrait détecter des maladies dix ans avant les symptômes

Un test sanguin pourrait détecter des maladies dix ans avant les symptômes

by Sophie Martin

Une simple analyse sanguine pourrait permettre de prédire l’apparition de maladies graves, comme les maladies cardiaques, la démence ou certains cancers, plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes. Une étude métabolomique d’envergure, menée par la Biobanque britannique, ouvre de nouvelles perspectives en matière de prévention et de diagnostic précoce.

Les chercheurs ont mesuré les concentrations de près de 250 molécules métaboliques – sucres, graisses, acides aminés, précurseurs d’hormones – chez 500 000 participants volontaires. L’analyse de ces données, qui a nécessité 50 000 heures de travail en laboratoire pour le partenaire Nightingale Health, révèle des changements subtils mais significatifs dans le métabolisme des individus.

D’après les premières analyses, les profils métaboliques peuvent indiquer un stress sur le cœur, les reins ou le foie, des perturbations du métabolisme des sucres, ou encore des modifications dans l’utilisation de l’énergie par les cellules tumorales. Ces altérations peuvent souvent être détectées des années, voire plus d’une décennie, avant que les symptômes cliniques ne se manifestent.

Contrairement aux marqueurs génétiques, ces profils métaboliques sont dynamiques et influencés par le mode de vie, l’alimentation, les médicaments et l’environnement. Ils offrent donc une image précise de l’état de santé actuel d’une personne et permettent de suivre son évolution.

« L’étude des métabolites est un moyen puissant de découvrir de nouveaux signes avant-coureurs d’une maladie, de comprendre les origines et la progression de la maladie et de surveiller l’efficacité des traitements », explique le professeur Naomi Allen, scientifique principale à la Biobanque britannique.

Cette découverte n’est pas restée théorique. En Finlande et à Singapour, des scores de risque basés sur le métabolome sont déjà utilisés en clinique, notamment pour la prévention du diabète de type 2 ou pour identifier les patients susceptibles de bénéficier d’un traitement cardiaque précoce.

Le Dr Jeffrey Barrett, directeur scientifique de Nightingale Health, souligne l’importance de cette avancée : « La disponibilité de ces données pour les chercheurs du monde entier permettra d’acquérir des connaissances cruciales sur les biomarqueurs sanguins et la santé humaine – un avantage énorme pour toutes les personnes impliquées. »

L’Université de Cambridge voit également un potentiel considérable dans ces nouvelles données, qui pourraient améliorer la capacité à identifier les personnes à haut risque et à intervenir précocement pour favoriser une vie plus longue et en meilleure santé, selon le professeur Michael Inouye.

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