Publié le 5 décembre 2025 à 06h04. Une nouvelle approche thérapeutique, combinant deux types de médicaments, offre un espoir aux patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire résistant aux traitements classiques. Des essais cliniques prometteurs sont lancés par l’Université du Colorado pour évaluer l’efficacité de cette stratégie innovante.
- Une combinaison inédite d’un inhibiteur de PARP et d’un nouveau médicament, le SM08502, est testée pour contrer la résistance aux traitements existants.
- Cette thérapie cible deux mécanismes de survie des cellules cancéreuses, limitant ainsi leur capacité d’adaptation.
- Les chercheurs espèrent que cette approche pourrait également être bénéfique pour d’autres types de cancers.
Le cancer de l’ovaire, en particulier le carcinome séreux de haut grade, représente la forme la plus fréquente de cette maladie et demeure un défi thérapeutique majeur. Si les inhibiteurs de PARP ont considérablement amélioré la prise en charge des patientes présentant une mutation BRCA ou un déficit de recombinaison homologue (HRD – l’incapacité des cellules à réparer correctement l’ADN), de nombreuses femmes développent une résistance à ces médicaments avec le temps, se retrouvant sans options thérapeutiques viables.
Les recherches récentes ont révélé qu’en cas de résistance aux inhibiteurs de PARP, les cellules cancéreuses activent un mécanisme de survie alternatif, la signalisation WNT, permettant à la tumeur de continuer à croître. C’est en s’appuyant sur cette découverte que l’équipe de l’Université du Colorado a exploré l’utilisation du médicament expérimental SM08502 (Cirtuvivint).
Contrairement aux approches qui visent à bloquer directement la signalisation WNT – une stratégie potentiellement associée à des effets secondaires importants – le SM08502 agit en modifiant la façon dont certains gènes du cancer sont traités, un processus appelé épissage (la « jonction » de segments d’ARN pour former le message final). Cette modification indirecte de la signalisation WNT permet de freiner la croissance tumorale.
Les expériences en laboratoire ont démontré que le SM08502, utilisé seul, ralentit la croissance des tumeurs. Cependant, c’est en association avec un inhibiteur de PARP, tel que l’olaparib, que le traitement s’avère le plus efficace : il détruit davantage de cellules cancéreuses, endommage l’ADN des cellules tumorales et réduit la suppression du système immunitaire, permettant ainsi à ce dernier de combattre plus efficacement le cancer.
« Il s’agit du premier essai clinique combinant ces deux classes de médicaments, une approche qui, jusqu’à présent, n’était envisagée que sur le plan théorique. »
Dr Bradley Corr, directeur de la recherche clinique en oncologie gynécologique à la CU Anschutz
Les chercheurs soulignent que cette nouvelle approche thérapeutique cible simultanément deux mécanismes de survie des tumeurs – la signalisation PARP et WNT – réduisant ainsi la capacité du cancer à s’adapter et augmentant l’efficacité du traitement. Ils envisagent également que cette stratégie pourrait être applicable à d’autres types de cancers présentant des mécanismes de résistance similaires.
Par ailleurs, l’administration orale des deux médicaments faciliterait l’observance du traitement et pourrait réduire les risques associés à l’utilisation à long terme des inhibiteurs de PARP. Les détails de l’essai clinique sont disponibles ici.
