Home NouvellesUn Youtubeur gravit seul le Cervin et prévient : est-ce suffisant ? -Nouvelles

Un Youtubeur gravit seul le Cervin et prévient : est-ce suffisant ? -Nouvelles

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 octobre 2025, 17h30. L’ascension solitaire et sans expérience du Cervin par un Youtubeur suscite l’inquiétude quant à l’émulation dangereuse, malgré les avertissements de l’alpiniste lui-même et les mises en garde des professionnels de la montagne.

  • Magnus Midtbo, un grimpeur sportif sans expérience de l’alpinisme, a filmé son ascension du Cervin (4 478 mètres) et l’a partagée en ligne.
  • Les experts mettent en garde contre le risque d’imitation, soulignant le manque de préparation de Midtbo et le danger de sous-estimer la montagne.
  • L’affaire soulève la question de l’influence des contenus en ligne et de la responsabilité des créateurs face aux comportements à risque.

La vidéo de 25 minutes de Magnus Midtbo, documentant son ascension du Cervin, a rapidement fait le tour du web. Dès le début, l’alpiniste explique qu’il s’attaque à ce sommet réputé le plus dangereux d’Europe sans expérience préalable en escalade sur glace. Il confie avoir tenté d’apprendre à installer ses crampons à partir de tutoriels en ligne, conscient que la moindre erreur pourrait être fatale.

« Toute petite erreur pourrait facilement signifier la fin. »

Magnus Midtbo

Au cours de son ascension, Midtbo a été confronté à l’altitude, avec des maux de tête, de la fatigue et une perte de concentration. Des pierres se sont détachées à proximité, et il a parfois eu besoin de l’aide d’autres grimpeurs pour retrouver le bon chemin. Malgré les difficultés, il a atteint le sommet, exprimant son euphorie : « Oh mon Dieu. On a l’impression d’être au sommet du monde. »

De retour sur le terrain, Midtbo a exprimé des regrets quant à la diffusion de sa vidéo, reconnaissant son manque de préparation et la prise de risques inconsidérée. Il a lancé un appel à ne pas reproduire son exploit.

Ascension imprudente

Anjan Truffer, chef des secours d’Air Zermatt, a analysé la vidéo et estime que Midtbo n’avait pas pleinement conscience des dangers. Il souligne que l’itinéraire emprunté par l’alpiniste était particulièrement exposé et que même un grimpeur expérimenté pouvait y avoir un accident. “Si une poignée ou un coup de pied s’en va, vous êtes à terre”, explique-t-il.

Magnus Midtbo est un grimpeur sportif. Mais beaucoup de gens ne pouvaient pas faire la différence avec un grimpeur amateur, selon le chef des secours.
Légende:

Magnus Midtbo est un grimpeur sportif. Mais beaucoup de gens ne pouvaient pas faire la différence avec un grimpeur amateur, selon le chef des secours.


Youtube/magmidt

Selon Truffer, la plupart des spectateurs de la vidéo ne sont pas des grimpeurs expérimentés et peuvent avoir du mal à évaluer le niveau de risque encouru par Midtbo. Cela pourrait les inciter à se surestimer et à tenter des ascensions au-delà de leurs capacités.

Fonction de modèle dangereuse

Daniel Süess, professeur de psychologie des médias à l’Université de Zurich, dénonce une attitude irresponsable. « Ce n’est pas héroïque si vous prenez des risques que vous ne pouvez pas estimer. » Il met en garde contre l’effet de contagion : l’observation répétée de réussites audacieuses peut renforcer la conviction que le succès est garanti, et l’attention médiatique peut encourager d’autres à prendre des risques similaires.

Diffusion en direct sans expérience en montagne



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Boîte à zuklappen

En septembre dernier, un homme et une femme ont tenté une randonnée jusqu’au Schilthorn, dans l’Oberland bernois, sans aucune expérience de la montagne, et ont diffusé l’ascension en direct. Après dix heures de marche, la femme a été victime d’une crise de panique et a dû être héliportée par Air Glacier.

Il est essentiel d’informer sur les dangers de la montagne, ce que Midtbo a fait dans sa vidéo. Cependant, Daniel Süess souligne l’ambivalence de la situation : l’alpiniste a également reçu des éloges pour son exploit risqué. « S’il dit qu’il le fera, mais qu’il vaut mieux ne pas le faire, ce n’est pas forcément efficace. » Il insiste sur la nécessité d’une communication claire et cohérente sur les risques liés à l’alpinisme.

Il est important d’informer et d’alerter sur les dangers à plusieurs endroits, sur plusieurs canaux.

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