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Une campagne audacieuse pour faire face aux crises mondiales

Face à une multiplication des crises mondiales, un mouvement international prend forme pour réformer en profondeur l'Organisation des Nations unies (ONU). Lancée le 22 septembre 2025, la coalition « Article 109 » vise à activer une conférence de…

Une campagne audacieuse pour faire face aux crises mondiales

Face à une multiplication des crises mondiales, un mouvement international prend forme pour réformer en profondeur l’Organisation des Nations unies (ONU). Lancée le 22 septembre 2025, la coalition « Article 109 » vise à activer une conférence de révision de la Charte de l’ONU, espérant ainsi moderniser et renforcer une institution souvent paralysée par les intérêts divergents des grandes puissances.

Les défis sont nombreux et pressants : conflits armés dévastateurs, catastrophe climatique imminente, déplacements massifs de populations et aggravation de la pauvreté. Les guerres modernes, de plus en plus destructrices, et les menaces nucléaires planent sur un avenir déjà incertain. Le temps presse pour limiter le réchauffement climatique, dont les conséquences – déplacements de populations et pauvreté – ne feront qu’empirer.

L’ONU, pourtant officiellement mandatée pour résoudre ces problèmes, se heurte à la réalité du pouvoir. Si un consensus existe sur les solutions à adopter – fin des guerres, désarmement nucléaire, réduction des énergies fossiles, aide aux réfugiés, progrès social, lutte contre la faim – l’organisation reste largement dépendante des États les plus puissants sur le plan militaire et économique.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, composé de cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), illustre parfaitement cette paralysie. Chacun de ces membres dispose d’un droit de veto, qu’il utilise trop souvent pour bloquer les actions de l’ONU. La situation est similaire en matière de lutte contre le changement climatique, où les grandes puissances continuent d’exploiter et de vendre des combustibles fossiles, affaiblissant ainsi les accords climatiques internationaux.

Le financement de l’ONU est également un point de blocage. Certains États, à l’instar des États-Unis sous l’administration Trump, ont réduit leurs contributions financières, voire se sont retirés de certaines agences de l’organisation. En octobre dernier, les États-Unis accumulaient une dette de 1,5 milliard de dollars (environ 1,4 milliard d’euros) envers l’ONU, suivis par la Chine (192 millions de dollars, soit environ 180 millions d’euros) et la Russie (72 millions de dollars, soit environ 67 millions d’euros).

C’est dans ce contexte qu’est née la coalition « Article 109 », regroupant plus de 40 organisations de la société civile, d’universitaires, d’experts et de diplomates. Son objectif : mobiliser l’opinion publique et les gouvernements nationaux pour obtenir un vote en faveur d’une conférence de révision de la Charte de l’ONU.

La Charte de l’ONU, signée en 1945, prévoit en son article 109 la possibilité d’une telle révision, déclenchée par un vote des deux tiers de l’Assemblée générale et de neuf membres du Conseil de sécurité. Cette conférence pourrait permettre de réformer l’ONU en profondeur, notamment en modifiant la composition du Conseil de sécurité, en créant une assemblée parlementaire et en instaurant un conseil dédié au climat.

Parmi les organisations soutenant la coalition, on retrouve Oxfam International, Démocratie sans frontières, le Forum sur la gouvernance mondiale, le Mouvement fédéraliste mondial/Institute for Global Policy, ainsi que des groupes de réflexion comme le Quincy Institute for Responsible Statecraft. Le Club de Madrid, qui rassemble plus de 100 anciens chefs d’État, a également apporté son soutien.

Le lancement de la campagne, le 22 septembre 2025, a bénéficié de la participation de personnalités de premier plan. Mary Robinson, ancienne présidente irlandaise et Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a prononcé le discours d’ouverture. Elle a été suivie par Alexander De Croo, ancien Premier ministre belge, Helen Clark, ancienne Première ministre néo-zélandaise et administratrice du Programme des Nations unies pour le développement, et l’ambassadeur Muhammadou Kah, représentant permanent de la Gambie auprès de l’ONU à Genève.

La révision de la Charte de l’ONU n’est pas sans risques. Elle pourrait aboutir à un amendement réduisant les compétences de l’organisation. De plus, le processus sera long : la coalition vise un vote de l’ONU en 2027 pour autoriser la conférence, qui se tiendrait en 2030. Enfin, tout amendement doit être ratifié par les deux tiers des membres de l’ONU, ainsi que par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Cependant, ces obstacles pourraient être surmontés grâce à une mobilisation massive de l’opinion publique et des nations. Un report de la conférence jusqu’en 2030 donnerait également à la campagne le temps de gagner en ampleur et pourrait favoriser un contexte politique plus favorable, notamment si certains dirigeants nationalistes sont remplacés. Comme l’a souligné Mary Robinson lors du lancement de la campagne : « Le moment est venu et nous devons être courageux. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.