Publié le 26 septembre 2023 à 14h30. L’ancien président français Nicolas Sarkozy a été incarcéré ce mardi à la prison de l’Île-de-France, après la confirmation de sa condamnation pour corruption et financement illégal de campagne électorale, une décision sans précédent dans l’histoire politique récente du pays.
- Nicolas Sarkozy a été placé en détention provisoire dans l’attente d’une décision sur une éventuelle libération conditionnelle.
- L’ancien chef d’État a quitté son domicile parisien sous les acclamations de ses partisans, réaffirmant son innocence face à ce qu’il dénonce comme un « scandale judiciaire ».
- Il a annoncé affronter son incarcération « la tête haute », emportant avec lui une biographie de Jésus et le roman d’Alexandre Dumas, *Le Comte de Monte-Cristo*.
L’incarcération de Nicolas Sarkozy, 70 ans, a été décidée après le rejet de son pourvoi en cassation. Il a été transféré dans une cellule d’isolement pour des raisons de sécurité, selon le journal Le Parisien.
Mardi matin, l’ancien président a quitté son domicile dans le 16e arrondissement de Paris vers 9 heures, accueilli par une foule de soutiens rassemblés à son appel. Il a profité de ce moment pour réaffirmer sa conviction de son innocence.
« Je continuerai la lutte contre cette injustice. Ma vie s’est transformée en un chemin de souffrance depuis plus de 10 ans. »
Nicolas Sarkozy, ancien président de la République
Dans un entretien accordé précédemment au Figaro, Nicolas Sarkozy avait déclaré son intention d’affronter cette épreuve « la tête haute », en s’armant de lectures spirituelles et littéraires. Il a choisi de s’accompagner d’une biographie du Christ et du célèbre roman d’Alexandre Dumas, *Le Comte de Monte-Cristo*, récit d’un homme injustement accusé et en quête de rédemption.
La décision de l’incarcération intervient en vertu d’une loi de 2019, adoptée sous la précédente majorité présidentielle. Malgré cette décision, le président Emmanuel Macron a exprimé sa sympathie envers Nicolas Sarkozy, recevant l’ancien chef d’État vendredi dernier. Il a déclaré : « Le respect de l’indépendance de la justice est un devoir, mais il est naturel pour moi de rencontrer l’un de mes prédécesseurs dans ces circonstances difficiles. »
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, a également annoncé son intention de lui rendre visite en prison, suscitant de vives critiques de la part des syndicats de magistrats, qui y voient un manquement à son devoir de neutralité.
Les avocats de l’ancien président ont déposé une demande de libération provisoire, qui sera examinée dans les prochaines semaines. La décision finale dépendra de l’existence de risques de pression sur les témoins, de fuite, de récidive ou de collusion avec d’autres personnes. En l’absence de ces éléments, Nicolas Sarkozy pourrait être libéré sous assignation à résidence et bénéficier d’une surveillance électronique.
Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison, dont trois fermes, pour son implication dans des rencontres secrètes avec des responsables du régime du dirigeant libyen défunt, Mouammar Kadhafi, dans le but de financer illégalement sa campagne électorale.
Cette condamnation marque un nouveau chapitre dans les difficultés judiciaires rencontrées par Nicolas Sarkozy depuis son échec à la réélection en 2012. La décision d’incarcération immédiate a provoqué une onde de choc dans le monde politique, beaucoup y voyant un précédent dangereux pour un ancien chef d’État.
Les juges ont justifié leur décision par la « gravité exceptionnelle des faits », qui portent atteinte à la confiance des citoyens envers leurs représentants. Nicolas Sarkozy a dénoncé une « injustice » et a promis de poursuivre son combat pour laver son honneur.
