Les marchés financiers connaissent une nouvelle phase de correction, tirée par la prudence des investisseurs face à la persistance de taux d’intérêt élevés et aux incertitudes économiques. Si l’intelligence artificielle continue de susciter l’enthousiasme, la récente baisse des indices boursiers témoigne d’une prise de bénéfices et d’une recherche de valorisations plus raisonnables.
Ce matin, la tendance baissière se confirme, les acheteurs restant discrets. L’indice S&P pair-pondéré affiche une légère progression, contrastant avec le recul de 0,9 % de l’indice S&P équipondéré sur la semaine écoulée. L’indice pondéré par le marché accuse une baisse plus marquée de 2,4 %. Le groupe des « Magnificent 7 » – les sept géants technologiques – a perdu 4,5 % en une semaine, malgré un gain de 0,5 % sur le mois.
Le NASDAQ suit une tendance similaire, avec une baisse de 4,3 % sur une semaine et de 0,2 % sur un mois. Cette correction est perçue par les analystes comme un retour à la normale après une période d’euphorie, plutôt que comme un rejet du potentiel de l’IA. Les investisseurs particuliers, qui ont contribué à la hausse des marchés en investissant massivement dans les ETF S&P, ressentent particulièrement ce repli.
Au sein du secteur technologique, une entreprise se distingue : celle qui n’a pas investi massivement dans ses propres centres de données. Elle affiche une performance positive sur la semaine et une hausse de 5,5 % sur le mois (et de 8,6 % depuis le début de l’année). À l’inverse, l’entreprise considérée comme le fer de lance de l’IA, voit son cours de bourse chuter de 10,7 % sur la semaine, malgré un gain de 1,3 % sur le mois et de 36 % depuis le début de l’année. L’ensemble du secteur des semi-conducteurs a reculé de 6,1 % sur la semaine, mais reste en hausse de 2,1 % sur le mois et de 41,6 % depuis le début de l’année.
L’essor de l’IA continue de transformer le marché du travail, avec une conversion croissante des emplois vers des fonctions liées aux logiciels. Les statistiques de l’emploi devraient rester difficiles à interpréter, même en cas de forte croissance économique. Une question clé demeure : l’augmentation du chômage compensera-t-elle la hausse des marges bénéficiaires des entreprises ?
Par ailleurs, la persistance de taux d’intérêt élevés pèse sur le marché immobilier, où de nombreux propriétaires sont endettés à des taux inférieurs à 4 %. Les biens immobiliers commerciaux sont également touchés par la remontée des taux, qui dépassent désormais ceux d’il y a cinq ans. Les taux américains sont significativement plus élevés que ceux observés dans la plupart des autres pays développés.
La détermination de la Réserve fédérale américaine (Fed) à atteindre un taux d’inflation de 2 % avant d’envisager des baisses de taux importantes constitue un obstacle majeur. Les nouvelles réglementations et les tensions géopolitiques compliquent également les prévisions économiques. Cependant, lorsque les taux d’intérêt finiront par baisser, certains secteurs industriels devraient connaître un rebond significatif.
Aujourd’hui, le taux des bons du Trésor américain à 2 ans a baissé de 2 points de base, à 3,54 %, et celui à 10 ans de 1 point de base, à 4,08 %. L’indice du dollar américain est tombé sous les 99,4, atteignant son plus bas niveau depuis novembre. L’indice de volatilité VIX, qui mesure la nervosité des marchés, a également augmenté, dépassant les 21, contre près de 17,5 il y a deux jours seulement. L’argent et le pétrole brut ont légèrement augmenté, tout comme le gaz naturel. Le marché des cryptomonnaies reste sous pression, le Bitcoin ayant brièvement chuté sous les 100 000 $ avant de remonter à 101 000 $.
Au fil de la journée, les indices boursiers continuent de baisser, malgré quelques tentatives de rebond. Les acheteurs potentiels restent à l’affût, attendant un point bas clair. Les investisseurs surveillent également l’issue de la paralysie gouvernementale et les perturbations du trafic aérien, avec 748 vols (soit 3 % du total) annulés par la FAA en raison d’un manque de personnel dans les aéroports. La contestation des tarifs douaniers devant la Cour suprême reste également en suspens. Alors que l’indice S&P teste sa moyenne mobile sur 50 jours pour la première fois depuis avril, les marchés se trouvent à un carrefour technique, où la prudence pourrait laisser place à une vente plus agressive.
La saison actuelle des résultats d’entreprises pourrait toutefois offrir une opportunité d’achat. Il est possible que le niveau de 6 650 points atteint aujourd’hui par l’indice S&P soit considéré comme un point d’entrée intéressant avant la fin de l’année.