Home Technologie et scienceUne découverte sous la mer pourrait changer l’histoire des animaux et fournir des médicaments innovants

Une découverte sous la mer pourrait changer l’histoire des animaux et fournir des médicaments innovants

by Thomas Caron

Publié le 3 novembre 2024. Une découverte majeure dans le domaine de l’évolution animale, réalisée par des chercheurs suédois et internationaux, révèle que les animaux pourraient être apparus sur Terre 100 millions d’années plus tôt qu’on ne le pensait, grâce à l’étude d’une nouvelle espèce d’éponge marine.

  • L’identification d’un nouvel ordre d’éponges marines, les Vilesida, modifie notre compréhension de l’histoire de la vie sur Terre.
  • Ces éponges contiennent des composés chimiques uniques, notamment des stérols atypiques, qui pourraient ouvrir de nouvelles voies en recherche pharmaceutique.
  • L’étude renforce l’hypothèse selon laquelle les éponges seraient les ancêtres les plus anciens des animaux.

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Uppsala, en Suède, a annoncé la découverte d’un nouvel ordre d’éponges marines, baptisé Vilesida. Cette découverte, publiée dans le Journal zoologique de la Société Linnéenne, bouleverse les estimations actuelles concernant l’apparition des animaux sur Terre. Les analyses menées par les scientifiques suggèrent que les animaux pourraient être apparus il y a plus de 600 millions d’années, soit 100 millions d’années avant les estimations précédentes.

Dirigée par Julio Díaz et Paco Cárdenas, l’équipe a collaboré avec des institutions des États-Unis et d’Espagne pour identifier les Vilesida. « Cette découverte représente une avancée significative dans notre compréhension de la classification des éponges, de leur évolution et de la biodiversité marine, ainsi que des débuts de l’histoire de la vie sur Terre », ont déclaré les chercheurs.

Ce qui rend les Vilesida particulièrement intéressantes, ce n’est pas seulement leur position dans l’arbre phylogénétique, mais aussi leur composition chimique unique. Ces éponges contiennent des stérols 24-isopropylcholestérols (stérols 24-ipc) en abondance, des composés qui n’avaient jamais été détectés en quantités aussi importantes dans d’autres organismes. La présence de ces stérols coïncide avec la découverte de stéroïdes fossilisés, considérés comme les biomarqueurs animaux les plus anciens, datant de plus de 600 millions d’années.

« Nos résultats soutiennent donc l’hypothèse des biomarqueurs des éponges, selon laquelle les éponges – et, par extension, les animaux – sont apparues environ 100 millions d’années plus tôt qu’on ne le pensait auparavant », a précisé Cárdenas, selon l’Université d’Uppsala.

Les éponges Vilesida se rencontrent dans divers écosystèmes marins, des Caraïbes au Pacifique, en passant par la Méditerranée et l’Atlantique. Elles jouent un rôle écologique important, notamment dans les récifs coralliens tropicaux et les environnements marins profonds.

L’étude a également permis de décrire une nouvelle famille (Vilesidae), un nouveau genre (Le mur) et deux espèces inédites de l’Atlantique Nord-Est. Les spécimens ont été collectés à l’aide de chaluts, de dragues et de véhicules télécommandés (ROV), notamment dans les eaux profondes d’Espagne, et ont ensuite été soumis à des analyses génétiques et chimiques approfondies.

Au-delà de leur importance évolutive, les stérols uniques présents dans les Vilesida suscitent un intérêt croissant dans le domaine pharmaceutique. Des études antérieures ont suggéré que ces composés pourraient servir de base au développement de nouveaux médicaments antimicrobiens, anticancéreux et antiviraux. « Maintenant que les éponges ont été décrites et que nous savons où elles se trouvent, notre découverte peut permettre aux chimistes et aux pharmaciens de localiser plus facilement ces substances précieuses », a souligné l’Université d’Uppsala.

Ce projet de recherche est le fruit d’une collaboration entre l’Université d’Uppsala, l’Université de Californie Riverside, l’Institut de recherche Geomark, l’Institut espagnol d’océanographie (IEO-CSIC) et le Musée National des Sciences Naturelles de Madrid (MNCN-CSIC). La découverte des Vilesida élargit ainsi nos connaissances sur l’évolution animale et ouvre de nouvelles perspectives prometteuses dans la recherche biomédicale.

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