Home SantéUne épidémie de salmonelle dans plusieurs États liée à des huîtres crues rend 64 malades

Une épidémie de salmonelle dans plusieurs États liée à des huîtres crues rend 64 malades

by Sophie Martin

Publié le 26 janvier 2024 14:52:00. Une étude internationale révèle une résistance croissante des bactéries responsables de la diarrhée du voyageur aux antibiotiques couramment prescrits, avec des variations significatives selon les régions du monde. Ces résultats soulignent la nécessité d’adapter les traitements et de renforcer la surveillance des résistances antimicrobiennes.

  • La résistance aux fluoroquinolones atteint 75% chez les cas de Campylobacter, une bactérie fréquente à l’origine de la diarrhée du voyageur.
  • Des taux élevés de résistance aux macrolides (azithromycine) ont été observés chez Shigella, notamment en Amérique du Sud (78% des isolats).
  • L’étude met en évidence l’importance de réaliser des analyses de sensibilité aux antibiotiques pour guider les traitements de la diarrhée du voyageur.

Les traitements de la diarrhée du voyageur (DT), affection courante chez les personnes se rendant dans des régions où les conditions sanitaires sont précaires, pourraient être compromis par la montée en puissance de la résistance aux antibiotiques. C’est ce que révèle une étude récente, publiée dans le JAMA Network Open, menée par une équipe de chercheurs internationaux. L’analyse, basée sur les données du réseau GeoSentinel – un réseau mondial de centres de médecine tropicale répartis sur six continents – a examiné les profils de sensibilité aux antimicrobiens de quatre agents pathogènes majeurs responsables de la DT : Campylobacter, Shigella, Salmonella non typhoïde et certaines souches de Escherichia coli.

Les directives médicales actuelles recommandent généralement l’utilisation de fluoroquinolones ou d’azithromycine (un antibiotique de la famille des macrolides) pour traiter les formes modérées à sévères de DT. Cependant, les données sur la résistance aux antibiotiques chez les voyageurs internationaux étaient jusqu’à présent limitées à des études menées dans des centres isolés. Cette nouvelle recherche apporte une vision plus globale et détaillée de la situation.

L’étude a porté sur 859 cas de DT confirmés par culture, provenant de 103 pays, entre avril 2015 et décembre 2022. Les patients concernés avaient un âge médian de 30 ans, et 51% étaient des hommes. Les résultats sont alarmants : 75% des isolats de Campylobacter se sont révélés résistants aux fluoroquinolones. La résistance a également été significative pour Salmonella non typhoïde (32%), Shigella (22%) et E. coli diarrhéique (18%).

Des variations géographiques notables ont été observées. La résistance aux fluoroquinolones chez Campylobacter était particulièrement élevée en Asie centrale du Sud (88%), en Asie du Sud-Est (80%) et en Afrique subsaharienne (60%). Concernant les macrolides, 12% des Campylobacter, 35% des Shigella et 16% des Salmonella étaient résistants. Plus précisément, 78% des Shigella isolés en Amérique du Sud et 24% des Campylobacter en Asie centrale du Sud présentaient une résistance aux macrolides. Dans 26 cas, l’infection à Campylobacter était résistante à la fois aux fluoroquinolones et aux macrolides.

Les auteurs de l’étude insistent sur l’importance de ces résultats pour orienter les choix thérapeutiques.

« Nos résultats ont le potentiel de fournir des informations cruciales à la fois pour la sélection d’antibiotiques empiriques de secours pour l’autogestion de la TD et pour le traitement empirique de la diarrhée aiguë chez les voyageurs, par la médecine des voyages et les praticiens de soins de santé primaires »,

Auteurs de l’étude

Ils soulignent également la nécessité de renforcer la surveillance des résistances antimicrobiennes et de réaliser des analyses de sensibilité aux antibiotiques pour adapter les traitements en fonction des régions géographiques concernées.

Bactérie Campylobacter
Alissa Eckert / CDC

You may also like

Leave a Comment