Publié le 24 septembre 2025 10h30. Le spectre du placenta accreta (SPA), une complication grave de la grossesse, est en augmentation constante. De nouvelles recherches de l’UCLA Health mettent en lumière le rôle crucial de la cicatrisation utérine après une césarienne dans le développement de cette pathologie potentiellement mortelle.
- Le nombre de cas de SPA a considérablement augmenté, touchant environ 14 000 grossesses par an.
- Une cicatrisation anormale des tissus utérins suite à une césarienne antérieure est désormais considérée comme un facteur clé dans le développement du SPA.
- L’étude révèle que le problème ne réside pas dans une croissance anormale du placenta, mais dans la modification de la structure du collagène au niveau des cicatrices.
Autrefois rare, le spectre du placenta accreta (SPA) représente aujourd’hui une cause majeure de mortalité maternelle. Cette complication survient lorsque le placenta s’implante trop profondément dans la paroi utérine et ne se détache pas après l’accouchement, entraînant souvent des hémorragies sévères et nécessitant, dans de nombreux cas, une hystérectomie.
Le principal facteur de risque associé au SPA est un accouchement antérieur par césarienne. Les cicatrices laissées par ces interventions chirurgicales peuvent altérer la manière dont le placenta se fixe lors de grossesses ultérieures. Une équipe de recherche de l’UCLA Health a mené une étude approfondie pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre et identifier les femmes les plus à risque.
« Nos résultats indiquent que le principal problème du placenta accreta n’est pas une croissance anormale du placenta, mais la façon dont les cicatrices utérines modifient la structure et l’organisation du collagène dans l’utérus, augmentant ainsi les risques pour l’accouchement », explique Yalda Afshar, MD, professeure agrégée d’obstétrique et de gynécologie à la David Geffen School of Medicine de l’UCLA et co-directrice du Programme de soins Accreta Health de l’UCLA, et auteure principale de l’étude.
L’étude, publiée dans le Journal américain d’obstétrique et de gynécologie, a utilisé des échantillons chirurgicaux, un modèle animal et un système de culture cellulaire en laboratoire – surnommé « accreta-in-a-dish » – pour explorer le rôle de la structure du collagène. Les chercheurs ont découvert que lorsque le collagène est emmêlé ou irrégulier, au lieu d’être parfaitement aligné, il compromet la frontière naturelle entre l’utérus et le placenta, créant un environnement propice à une fixation anormale et augmentant le risque de complications.
Pour leurs recherches, les scientifiques ont analysé des échantillons prélevés auprès de 13 patientes atteintes de SPA et de 10 femmes présentant des facteurs de risque, mais sans développer la maladie. Les tissus ont été collectés à la fois au niveau de la zone d’adhérence placentaire et des zones non affectées. Les résultats ont révélé que l’inflammation persistante et la présence de cellules immunitaires, appelées macrophages, interfèrent avec le processus normal de cicatrisation, entraînant une architecture anormale du collagène qui favorise la fixation anormale du placenta.
« Toutes les cicatrices ne guérissent pas de la même manière », souligne Afshar. « Ce travail nous aide à comprendre pourquoi certaines femmes ayant subi une césarienne développent un placenta accreta, tandis que d’autres non, et ouvre la voie à de nouvelles stratégies pour identifier les femmes à risque plus tôt, avant ou pendant la grossesse. »
Les chercheurs espèrent que ces découvertes permettront de développer des interventions ciblées pour améliorer la cicatrisation utérine après une césarienne et réduire ainsi l’incidence du spectre du placenta accreta.
À ne pas manquer
