Le déclin actuel de Tesla pourrait bien être davantage imputable aux prises de position politiques de son dirigeant, Elon Musk, qu’à des problèmes liés à ses véhicules. Une étude récente révèle que l’engagement croissant de Musk dans des débats partisans a eu un impact significatif sur les ventes de la marque.
Selon une analyse menée par des chercheurs de l’université Yale, Tesla aurait pu vendre entre 1 million et 1,26 million de voitures supplémentaires au cours des dernières années si Musk s’était tenu à l’écart des controverses politiques. Les ventes de l’entreprise ont chuté de 37 % sur un an au dernier trimestre, et ce, malgré un regain d’achats stimulé par des incitations fiscales.
L’étude souligne que la clientèle de Tesla, traditionnellement orientée vers la gauche politique et sensible aux questions environnementales, a commencé à se désintéresser de la marque à partir de 2022, date de l’acquisition de X (anciennement Twitter) par Musk et de la suppression des politiques de modération de contenu. Cette tendance s’est accentuée avec l’implication de Musk dans l’élection présidentielle américaine de 2024 et sa nomination au poste de responsable du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) au sein de l’administration Trump.
« Les actions de Musk ont déçu sa clientèle la plus fidèle », affirment les auteurs de l’étude. Entre octobre 2022 et avril 2025, le comportement partisan de Musk aurait entraîné une perte de 67 % à 83 % des ventes potentielles de Tesla. Au premier trimestre 2025 seulement, ce chiffre a atteint 150 %.
Musk lui-même a reconnu un certain « retour de flamme » suite à son rôle au sein du DOGE, annonçant en avril son intention de réduire son implication dans l’agence afin de se concentrer à nouveau sur Tesla.
L’impact négatif ne s’est pas limité à Tesla. L’étude révèle que, sans le comportement partisan de Musk, les ventes d’autres véhicules électriques et hybrides auraient été inférieures de 17 à 22 % au cours des trois dernières années, et de 25 % au début de 2025. Cela suggère que les actions de Musk ont indirectement profité à ses concurrents.
Les controverses entourant Musk ont également eu des conséquences inattendues sur les objectifs de transition écologique de la Californie. L’État, qui vise à ce que les véhicules zéro émission représentent 25 % des ventes neuves d’ici 2026, 68 % d’ici 2030 et 100 % d’ici 2035, accuse un retard. L’étude estime que sans l’impact partisan de Musk, la Californie aurait vendu 139 700 véhicules électriques supplémentaires au premier trimestre 2025, alors que le déficit s’élève actuellement à 28 000 véhicules.
« Cette étude met en évidence l’influence considérable que peuvent exercer les actions partisanes d’un PDG », concluent les chercheurs.
À lire aussi
