Publié le 12 novembre 2025. Une étude internationale révèle que le fait de parler plusieurs langues pourrait ralentir le processus de vieillissement et protéger le cerveau contre le déclin lié à l’âge, offrant ainsi un outil simple et accessible pour favoriser un vieillissement en bonne santé.
- Les personnes multilingues présentent un vieillissement biocomportemental plus lent que les monolingues.
- Les individus parlant au moins une langue supplémentaire ont 2,17 fois moins de risques de connaître un vieillissement accéléré.
- L’apprentissage et l’utilisation des langues renforcent les réseaux cérébraux liés à l’attention, à la mémoire et au contrôle exécutif.
Une vaste étude menée par le Dr Agustín Ibáñez, du Trinity College de Dublin, et ses collaborateurs, Lucie Amoruso (BrainLat) et Hernán Hernández (BrainLat), a analysé les données de plus de 86 149 participants à travers 27 pays européens. Les résultats, publiés dans la revue Vieillissement naturel, démontrent un lien significatif entre le multilinguisme et un vieillissement plus sain.
Les chercheurs ont utilisé une approche innovante, le cadre d’horloge du vieillissement biocomportemental, pour quantifier les écarts d’âge biocomportementaux (BBAG). Ce modèle, basé sur l’intelligence artificielle et alimenté par des milliers de profils de santé, évalue l’âge biologique d’une personne en fonction de facteurs tels que les conditions physiques (hypertension, diabète, troubles du sommeil, perte sensorielle) et les facteurs de protection (éducation, capacités cognitives, activité physique). Le BBAG, qui représente la différence entre l’âge biologique et l’âge chronologique, permet de déterminer si une personne vieillit plus jeune et en meilleure santé (valeurs négatives) ou plus rapidement (valeurs positives).
L’étude a révélé que les personnes vivant dans des pays où le multilinguisme est courant étaient significativement moins susceptibles de présenter un vieillissement accéléré. Plus précisément, les individus multilingues avaient un risque réduit de 2,17 fois par rapport aux monolingues. À l’inverse, les monolingues étaient plus de deux fois plus susceptibles de présenter des signes de vieillissement précoce. Ces effets demeuraient significatifs même après avoir pris en compte divers facteurs linguistiques, sociaux, physiques et sociopolitiques.
« Nos résultats fournissent des preuves solides que le multilinguisme fonctionne comme un facteur de protection pour un vieillissement en bonne santé. L’apprentissage et l’utilisation des langues engagent les principaux réseaux cérébraux liés à l’attention, à la mémoire et au contrôle exécutif, ainsi qu’à l’interaction sociale, des mécanismes qui peuvent renforcer la résilience tout au long de la vie. »
Dr Agustín Ibáñez, directeur scientifique de l’Institut latino-américain de santé cérébrale (BrainLat) et professeur de santé cérébrale mondiale au Trinity College de Dublin
« L’effet protecteur était cumulatif : plus les gens parlaient de langues, plus ils étaient protégés contre le déclin lié au vieillissement. »
Dr Lucia Amoruso, Centre basque sur la cognition, le cerveau et le langage et BrainLat
Selon le Dr Hernán Hernández, co-auteur principal de l’étude, ces résultats soulignent l’importance du multilinguisme comme outil accessible et peu coûteux pour promouvoir un vieillissement en bonne santé. Il ajoute :
« Nos résultats montrent que le multilinguisme est un outil accessible et peu coûteux pour promouvoir le vieillissement en bonne santé au sein des populations, complétant d’autres facteurs modifiables tels que la créativité et l’éducation. »
Dr Hernán Hernández, BrainLat
Cette étude épidémiologique à grande échelle ouvre la voie à de nouvelles stratégies de santé cérébrale à l’échelle mondiale, intégrant les dimensions cognitives, sociales et culturelles. Les auteurs recommandent d’intégrer l’apprentissage des langues dans les politiques de santé publique et d’éducation afin d’améliorer la résilience cognitive et de réduire l’impact sociétal du vieillissement.
Pour en savoir plus : Vous pouvez consulter l’article complet, intitulé Le multilinguisme protège contre le vieillissement accéléré dans des analyses transversales et longitudinales de 27 pays européens, publié dans Vieillissement naturel (2025), à l’adresse suivante : https://www.nature.com/articles/s43587-025-01000-2
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