Publié le 13 novembre 2023. L’administration américaine prévoit d’allouer une part importante de ses fonds de prêts à l’énergie nucléaire, dans le but d’accélérer la construction de nouvelles centrales et de soutenir le développement de technologies de pointe comme l’intelligence artificielle. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à relancer l’industrie nucléaire américaine.
- Le gouvernement américain s’engage à financer massivement la construction de nouvelles centrales nucléaires grâce à des prêts à faible coût.
- Un partenariat stratégique avec Westinghouse Electric, co-propriété de Cameco et Brookfield Asset Management, a été annoncé pour accélérer le développement de l’énergie nucléaire.
- L’objectif est de voir « des dizaines » de centrales nucléaires en construction dans les trois prochaines années.
Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a révélé que le Bureau du programme de prêts du Département américain de l’Énergie débloquera une part prépondérante de ses fonds pour le secteur nucléaire. Selon ses déclarations rapportées par CNBC lors d’une conférence de l’American Nuclear Society à Washington, DC, des milliards de dollars de capital de financement par actions seront combinés à des emprunts à faible coût dans un rapport pouvant atteindre quatre pour un.
« Nous disposons d’un pouvoir de prêt important au sein du bureau du programme de prêts. La plus grande utilisation de cet argent sera de loin destinée aux centrales nucléaires, à la construction des premières centrales. »
Chris Wright, secrétaire à l’Énergie
Cette annonce intervient après la signature en mai d’un décret par l’ancien président Donald Trump, appelant à la construction de dix nouveaux grands réacteurs avec des conceptions complètes d’ici 2030. L’administration Trump avait déjà mis en place un partenariat stratégique avec Westinghouse Electric, dont Cameco (TSX : CCO ; NYSE : CCJ) et Brookfield Asset Management sont copropriétaires, afin de dynamiser le secteur nucléaire américain.
Selon Chris Wright, l’objectif est ambitieux : voir « des dizaines » de centrales nucléaires en construction d’ici la fin de son mandat, soit dans trois ans et trois mois.
L’accord conclu avec Cameco et Brookfield prévoit un investissement potentiel d’au moins 80 milliards de dollars (USD) dans de nouveaux réacteurs nucléaires à travers le pays, en utilisant la technologie des réacteurs AP1000 de Westinghouse. Ces réacteurs sont destinés à fournir une énergie fiable et sécurisée, notamment pour alimenter les centres de données et les infrastructures informatiques nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.
Alexander Pearce, analyste de BMO Marchés des capitaux, a qualifié ce partenariat de « tournant majeur » pour réduire les risques liés aux commandes de réacteurs et pour l’ensemble de l’industrie nucléaire. Il estime que cette initiative constitue une « étape clé » pour accélérer le déploiement des réacteurs Westinghouse AP1000, tant aux États-Unis qu’à l’étranger. Son scénario de base prévoit désormais la construction de 31 nouveaux réacteurs Westinghouse d’ici 2040, dont 12 sont déjà en cours de réalisation.
Grant Isaac, directeur de l’exploitation de Cameco, a souligné lors d’une conférence téléphonique que plusieurs options de financement sont disponibles aux États-Unis pour soutenir les réacteurs Westinghouse, notamment le Bureau du programme de prêts du ministère de l’Énergie.
Parallèlement à la construction de nouvelles centrales, des entreprises comme Meta Platforms et Alphabet investissent massivement dans la remise en service ou la modernisation d’anciennes centrales nucléaires pour répondre à la demande croissante d’électricité des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
La construction de centrales nucléaires aux États-Unis a été relativement lente ces dernières années, avec seulement trois réacteurs achevés depuis le début du siècle. Les projets nucléaires sont souvent confrontés à de longs délais de développement et d’approbation. Cependant, l’opinion publique semble évoluer en faveur de l’énergie nucléaire, en raison de ses faibles émissions de carbone, après des décennies de préoccupations liées aux accidents survenus en Pennsylvanie, en Ukraine et au Japon.
Cameco et Brookfield avaient conclu un accord pour racheter Westinghouse en octobre 2022, combinant l’expertise de Cameco dans le secteur nucléaire avec la position de Brookfield en tant qu’investisseur majeur dans les technologies de production d’énergie.
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