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Une étude suggère un lien entre l’ouragan Sandy et le risque de maladie cardiaque

by Sophie Martin

Publié le 17 octobre 2025 23:52:00. Une étude récente révèle un lien durable entre les inondations provoquées par l’ouragan Sandy en 2012 et une augmentation significative du risque de maladies cardiaques chez les personnes âgées touchées, soulignant l’importance de considérer les catastrophes naturelles comme des facteurs de risque pour la santé à long terme.

  • L’étude, publiée dans JAMA Network Open, montre une augmentation du risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou d’insuffisance cardiaque jusqu’à cinq ans après l’ouragan Sandy, particulièrement dans les zones inondées du New Jersey.
  • Les perturbations immédiates des soins médicaux, comme le manque de médicaments et le contrôle insuffisant des maladies chroniques, pourraient être à l’origine de ces problèmes de santé à long terme.
  • Les experts insistent sur la nécessité d’une planification globale et d’une préparation accrue face aux événements météorologiques extrêmes, exacerbés par le changement climatique.

L’ouragan Sandy, qui a frappé la côte est des États-Unis en octobre 2012, a causé des dégâts considérables et des inondations massives, notamment dans le New Jersey et New York. Au-delà des destructions matérielles immédiates, une nouvelle étude met en lumière les conséquences sanitaires à long terme de cette catastrophe naturelle.

Le Dr Arnab Ghosh, professeur adjoint de médecine à Cornell Medicine et auteur principal de l’étude, a été témoin direct des effets de l’ouragan Sandy alors qu’il était résident à Bellevue et NYU. Il se souvient de l’inondation qui a touché les hôpitaux, avec de l’essence atteignant le 13e étage et des patients évacués en raison des coupures de courant. Cette expérience l’a incité à étudier les impacts à long terme sur la santé de ses patients.

« J’étais résident à Bellevue et à NYU lorsque l’ouragan Sandy a frappé. J’ai été témoin de l’inondation causée par l’ouragan qui a touché notre hôpital, transportant de l’essence jusqu’au 13e étage et des patients en bas lorsque l’électricité a été coupée », a-t-il raconté.

L’étude, publiée dans la revue médicale JAMA Network Open, a révélé que le risque de développer une maladie cardiaque après l’ouragan était significativement plus élevé, persistant jusqu’à cinq ans après l’événement. Pour les personnes vivant dans des zones inondées, ce risque était d’environ 1 sur 20. Ces résultats sont particulièrement préoccupants pour les résidents du New Jersey, qui ont été parmi les plus touchés par les inondations.

« Nous avons constaté que le risque de développer une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou une insuffisance cardiaque à la suite de l’ouragan était considérablement élevé jusqu’à cinq ans après l’événement », a précisé le Dr Ghosh.

Jonathan Porter, météorologue en chef d’AccuWeather, souligne que ces conclusions confirment ce que son organisation met en évidence depuis des années : les catastrophes naturelles ont des conséquences bien plus importantes que ce qui est généralement rapporté. Il cite une étude du magazine Nature qui estime que les ouragans provoquent entre 7 000 et 10 000 décès supplémentaires dans les dix années suivant la tempête.

« AccuWeather souligne depuis des décennies que les impacts des catastrophes naturelles, en particulier des catastrophes majeures, sont plus importants que ce qui est souvent rapporté », a-t-il déclaré.

L’étude met en évidence le rôle du stress lié aux dommages causés par les inondations, aux problèmes d’assurance et aux difficultés de relogement dans le développement de maladies cardiaques. Les perturbations immédiates des soins médicaux, comme le manque de médicaments et le contrôle insuffisant des maladies chroniques, contribuent également à ces risques à long terme.

« Les situations stressantes augmentent le risque de développer une maladie cardiaque », a noté le Dr Ghosh.

Face à ces résultats, le Dr Ghosh appelle à une approche plus globale de la préparation aux catastrophes naturelles, en considérant les ouragans et autres phénomènes météorologiques extrêmes comme des facteurs de risque pour la santé. Il questionne la nécessité d’adapter les soins prodigués aux patients ayant été exposés à de tels événements.

« Nous devons considérer les ouragans et les phénomènes météorologiques extrêmes comme des facteurs de risque de problèmes médicaux. Devrions-nous soigner ces patients différemment et les mettre hors de danger ? » a-t-il demandé.

Porter insiste sur l’importance d’une planification à long terme, en tenant compte non seulement des impacts immédiats des catastrophes naturelles, mais aussi de leurs conséquences sanitaires et économiques durables. Il souligne que le changement climatique entraîne une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes, ce qui rend une réponse adaptée encore plus cruciale.

« Nous devons penser non seulement aux impacts à court terme, mais aussi aux impacts à long terme. Alors que le changement climatique entraîne des événements météorologiques plus fréquents et plus graves, notre réponse aux catastrophes naturelles doit évoluer », a-t-il déclaré.

Alors que les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes s’intensifient, il est essentiel de comprendre et de se préparer aux impacts sanitaires à long terme de ces événements. Les recherches comme celles du Dr Ghosh fournissent des informations précieuses pour orienter les futures stratégies de préparation et de réponse.

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