Publié le 19 novembre 2025 à 23h25. Face à une escalade des tensions avec la Russie, la Pologne a annoncé le déploiement de 10 000 soldats et renforcé ses mesures de sécurité après des actes de sabotage ferroviaire attribués à des individus agissant pour le compte de Moscou.
- La Pologne déploie 10 000 soldats pour protéger ses infrastructures critiques.
- Deux Ukrainiens, soupçonnés de collaborer avec la Russie, ont été identifiés comme responsables du sabotage ferroviaire.
- Varsovie a ordonné la fermeture du dernier consulat russe sur son territoire.
Dans un contexte de crise majeure entre la Russie et un membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la Pologne a réagi fermement à des actes de sabotage visant ses infrastructures ferroviaires. Ces incidents, survenus ce week-end, ont perturbé le trafic sur la ligne Varsovie-Lublin, reliant la capitale polonaise à la frontière ukrainienne. Si aucun blessé n’est à déplorer, les autorités polonaises considèrent ces actes comme une menace sérieuse à la sécurité nationale.
Selon les premiers éléments de l’enquête, deux citoyens ukrainiens, soupçonnés de liens avec les services de renseignement russes, seraient à l’origine de l’explosion d’une section de voie ferrée près de la ville de Mika, située à environ 100 kilomètres au sud-est de Varsovie. Une autre section de la ligne a également subi des dommages suite à un nouvel acte de sabotage.
« L’explosion avait probablement pour but de faire dérailler le train »
Donald Tusk, Premier ministre polonais
Le Premier ministre Tusk a qualifié ces événements d’« acte de sabotage sans précédent » et le parquet a ouvert une enquête pour « actes de sabotage à caractère terroriste » visant les infrastructures ferroviaires et commis au profit d’un service de renseignement étranger. Les actions menées ont créé un « danger immédiat » de catastrophe ferroviaire, menaçant la vie et la santé de nombreuses personnes, selon un communiqué officiel.
En réponse à ces actes, le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a annoncé le déploiement de jusqu’à 10 000 soldats dans le cadre de l’« Opération Horizon ». Ces militaires coopéreront avec les services relevant du ministère de l’Intérieur pour renforcer la protection des infrastructures critiques et prévenir de nouvelles attaques. Ils se concentreront sur les lignes de communication, les aéroports et autres installations sensibles.
Le ministre de l’Intérieur, Marcin Kierwinski, a souligné la nécessité d’une coordination accrue entre les différents services de l’État face à la menace hybride. La police, l’armée et les gardes-frontières formeront des équipes « conjointes » pour « garantir la sécurité » du pays.
Parallèlement, les autorités polonaises ont décidé de fermer le dernier consulat russe sur son territoire, situé dans la ville de Gdansk. Varsovie avait déjà fermé les consulats russes de Cracovie et de Poznan en raison d’actes de sabotage. Le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a dénoncé un « acte de terrorisme d’État ».
Ces incidents interviennent après une série d’incendies criminels, d’actes de sabotage et de cyberattaques en Pologne et dans d’autres pays européens depuis le début de la guerre en Ukraine. Moscou a nié toute implication, dénonçant une « russophobie » et menaçant de limiter sa présence diplomatique et consulaire en Pologne. Varsovie affirme que la Pologne est devenue une cible privilégiée de Moscou en raison de son rôle central dans l’aide apportée à Kiev.
Le Kremlin a également nié toute responsabilité dans des vols suspects de drones et d’avions au-dessus de différents pays de l’UE, que les autorités ont attribués aux forces armées russes.
Préoccupés par la menace russe, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne se sont retirées en mars dernier de la Convention d’Ottawa, le traité interdisant les mines antipersonnel, afin de renforcer la défense de leurs frontières.
Agences AP, ANSA et DPA
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