Home SantéUne hormone qui fait taire le système immunitaire peut débloquer de nouveaux traitements contre le cancer

Une hormone qui fait taire le système immunitaire peut débloquer de nouveaux traitements contre le cancer

by Sophie Martin

Des chercheurs ont découvert comment une hormone protège les cellules cancéreuses en neutralisant les défenses immunitaires de l’organisme. Cette découverte, publiée dans Immunologie de la nature, ouvre la voie à de nouvelles stratégies d’immunothérapie contre le cancer, ainsi qu’à des traitements potentiels pour les troubles inflammatoires et les maladies neurologiques.

Les cellules myéloïdes, parmi les premières cellules immunitaires à se rendre dans les tumeurs, finissent souvent par les soutenir plutôt que de les combattre. L’étude révèle que des récepteurs présents sur ces cellules myéloïdes sont stimulés par une hormone, ce qui finit par supprimer le système immunitaire.

Les immunothérapies actuelles, comme les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, ne sont efficaces que pour 20 à 30 % des patients atteints de cancer, ce qui suggère que les cellules cancéreuses peuvent échapper à l’attaque immunitaire de différentes manières.

Les chercheurs ont identifié un récepteur inhibiteur appelé Lilrb4 qui bloque la capacité des cellules myéloïdes à attaquer les tumeurs. En analysant les protéines susceptibles d’interagir avec Lilrb4, ils ont découvert une hormone prometteuse, SCG2. Bien que son rôle dans la réponse immunitaire ait été suspecté, sa fonction et son récepteur restaient inconnus.

Des expériences ont confirmé que SCG2 se lie à Lilrb4, déclenchant une cascade de signalisation qui désactive les capacités anti-cancéreuses des cellules myéloïdes et inhibe leur capacité à recruter les cellules T vers les tumeurs.

Des expériences sur des souris génétiquement modifiées ont montré que les cellules cancéreuses produisant SCG2 se développaient rapidement en tumeurs. Bloquer Lilrb4 avec un anticorps ou éliminer artificiellement SCG2 ralentissait considérablement la croissance tumorale.

Ces résultats suggèrent que l’interaction entre Lilrb4 et SCG2 permet au cancer de se développer sans être contrôlé par les cellules myéloïdes, les cellules T et potentiellement d’autres cellules immunitaires. Perturber cette interaction pourrait offrir une nouvelle option d’immunothérapie. Inversement, administrer davantage de SCG2 pourrait être une approche thérapeutique pour les troubles auto-immunes ou inflammatoires impliquant les cellules myéloïdes. Des recherches supplémentaires sont prévues pour explorer ces deux pistes.

Date de publication : 2025-09-22 11:48:00

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