Publié le 2025-11-25 06:00:00. Un projet de construction de salons de thé sur la Place Merrion à Dublin est confronté à d’importants dépassements de coûts et de délais, révélés par un récent audit du Conseil municipal de Dublin (CDC).
- Les dépenses engagées pour les architectes-conseils ont plus que doublé entre 2015 et 2024, passant de 246 000 € à 655 000 €.
- Le projet ne respecte pas pleinement les réglementations en matière de marchés publics, notamment en ce qui concerne les modifications de valeur des contrats après leur attribution.
- L’audit révèle également des arriérés de loyers importants et des dettes non recouvrées par le CDC, notamment dans le secteur du logement social.
L’audit 2024 du Conseil municipal de Dublin a mis en lumière des irrégularités et des dépassements significatifs concernant la construction de nouveaux salons de thé sur la Place Merrion, un projet initialement prévu il y a dix ans. Initialement annoncé pour un achèvement au printemps 2025, puis à l’automne, le projet est toujours en cours, et son coût final reste incertain.
Selon le rapport, les coûts engagés pour les architectes-conseils ont connu une augmentation spectaculaire, passant de 246 000 € en 2015 à 655 000 € en 2024. Le dernier budget approuvé, datant de 2024, s’élevait à 6,1 millions d’euros. Interrogé par l’Irish Times, le CDC a refusé de communiquer le coût final estimé du projet.
L’audit souligne que le projet n’est « pas entièrement conforme » aux réglementations du conseil, nationales et européennes en matière de marchés publics, en particulier concernant les modifications de la valeur des contrats après leur attribution. Le CDC a reconnu ces manquements.
Le futur café, qui sera situé du côté nord de la Place Merrion, à proximité du terrain de jeu existant et de la statue d’Oscar Wilde, comprendra également des toilettes publiques avec des installations pour bébés, ainsi qu’une terrasse orientée au sud. Les travaux de construction ont débuté en janvier 2025.
Le CDC explique que l’augmentation des coûts est due à plusieurs facteurs, notamment les retards causés par la pandémie de Covid-19, une augmentation de la « portée de conception » et l’inflation exceptionnelle dans le secteur de la construction. L’appel d’offres pour l’entrepreneur en construction, lancé en 2022, s’élevait à 4,6 millions d’euros, tandis que les coûts de construction en 2024 atteignent 921 000 €.
L’audit a également révélé d’autres problèmes financiers au sein du CDC. L’autorité locale a dépensé 2,3 millions d’euros en 2024 pour la maison vide d’Avalon, qui ne devrait pas accueillir à nouveau des personnes sans-abri avant le milieu de 2027, « en fonction » de l’obtention du permis de construire. Le CDC paie 2 millions d’euros par an pour ce foyer vacant.
Par ailleurs, l’audit a constaté un niveau élevé de non-conformité aux règles de passation des marchés publics parmi les fournisseurs d’hébergement d’urgence pour sans-abri, avec 21 prestataires identifiés comme non conformes. Les dépenses engagées par ces fournisseurs en 2024 s’élevaient à 41,4 millions d’euros.
Enfin, l’audit a mis en évidence des dettes importantes non réclamées ou non recouvrées par le CDC, atteignant 268 millions d’euros de « débiteurs publics » en 2024, contre 236 millions d’euros en 2023 et 120 millions d’euros en 2022, soit une augmentation de 123 % par rapport à 2022. Le CDC affirme avoir fait des « progrès significatifs » sur cette question en 2025, avec la plupart des factures d’une valeur de 105 millions d’euros adressées au Département du Logement ayant été payées.
Plus de 15 millions d’euros de dettes dans les départements des routes, du développement immobilier et de la culture et des loisirs de la commune « ne font pas l’objet d’un suivi » par le personnel de gestion de la dette. Les arriérés de loyers s’élevaient à 39,6 millions d’euros, dont 1,4 million d’euros pour les logements des Gens du voyage, un montant en augmentation par rapport à 2023. L’audit souligne l’absence de collecteur de recettes désigné pour cette catégorie d’arriérés et le manque de suivi de certains comptes depuis plusieurs années. Le CDC a déclaré que la perception des loyers restait « difficile ».
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